Conjoncture

Banque de France : le salut lorrain passera par l’Allemagne

La Banque de France vient de dévoiler les résultats de son enquête conjoncturelle annuelle. Pas de scoop en vue, la Lorraine souffre mais résiste aussi bien, sinon mieux parfois, que les régions voisines. Côté perspectives, des progressions de chiffre d’affaires sont envisagées notamment, dans l’Industrie mais pas dans les Services marchands. Des prévisions timides et pas assez fortes pour voir une relance de l’emploi. Une chose semble acquise aujourd’hui, l’avenir économique de la Lorraine passera surtout par la santé de nos voisins Allemands. Si l’Allemagne va bien, la Lorraine ira mieux.


» Publié dans le numéro 1580 par

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«2012 aura été une année perdue en Lorraine, mais le pire est derrière nous», assure Alain Gerbier, le directeur régional de la Banque de France.

«2012 aura été une année perdue en Lorraine, mais le pire est derrière nous», assure Alain Gerbier, le directeur régional de la Banque de France.

C’est simple ! Si l’Allemagne va bien, la Lorraine ira bien certainement. C’est une chance d’après les prévisions du FMI chez nos voisins Allemands, la croissance devrait afficher les + 0,6 % pour le premier trimestre 2013 contre un petit 0,1 % dans l’Hexagone. «L’Allemagne va rester le moteur du développement en Europe et cette timide reprise que l’on peut ressentir chez nos voisins ne peut être que positive pour la région.» Dixit Alain Gerbier, le directeur régional de la Banque de France à l’occasion de la présentation des résultats de son enquête conjoncturelle annuelle. Une note d’optimisme bienvenue et corroborée par les perspectives prudentes, mais tout de même jugées par les auteurs de l’enquête comme étant globalement positives. «Le pire est derrière nous ! Toutes les études macroéconomiques le montrent, des frémissements de reprise sont ressentis en Chine, aux Etats-Unis. S’il n’y a pas de turbulences financières, cela ira mieux. Cette année il y aura une reprise mondiale». Difficile tout de même de faire pire en Lorraine, car si le terme de récession n’est pas lancé directement, il est certain que les niveaux d’activités «ne sont pas revenus au niveau d’avant crise.» Une Industrie avec des chiffres d’affaires en retrait, un ralentissement concomitant des ventes globales, une évolution à la baisse des effectifs et une diminution de la rentabilité dans un contexte de tendance haussière du prix des matières premières. Des Services marchands où le climat des affaires n’a pas redémarré et des enveloppes d’investissement en repli et un secteur de la Construction enregistrant une baisse globale de l’activité et des investissements en diminution. «2012 aura été une année perdue, une année zéro», résume Alain Gerbier.

Investissement : une reprise ?

Alors quid de 2013 ? «La croissance des chiffres d’affaires sera très modeste et elle sera poussée par les exportations. Dans l’Industrie, il est envisagé une progression de 0,7 % des chiffres d’affaires et il faut relever une hausse encourageante des investissements. Il existe donc bien un espoir de voir une reprise de l’investissement cette année.» Si l’Industrie pourrait sortir la tête de l’eau, la Construction devrait connaître (encore) un net ralentissement et une baisse certaine des chiffres d’affaires. Côté Services marchands, «les prévisions sont molles avec une stagnation des CA». Signe inquiétant pour ce secteur, souvent jugé comme grand créateur d’emplois, aucune dynamique en la matière n’est percevable pour les mois à venir. De même que les légères prévisions d’augmentation de CA dans d’autres secteurs ne seront pas encore suffisantes pour entrevoir une reprise de l’emploi en Lorraine. 2013 sera meilleure que 2012, cela semble presque acquis pour la Banque de France, reste que le manque de visibilité dans cette crise latente est toujours présent.