Rapport du CESE

Des atouts malgré tout

Le Conseil Économique Social et Environnemental de Lorraine a présenté mi-décembre son rapport 2013. Pacte Lorraine, métropolisation, transfrontalier, Université de Lorraine, dialogue social et développement durable : malgré les ravages de la crise, ses conclusions désignent six priorités à soigner pour redresser la région.


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Pour contrer les médiocres perspectives économiques de 2014, le CESEL propose de se concentrer sur six priorités.

Pour contrer les médiocres perspectives économiques de 2014, le CESEL propose de se concentrer sur six priorités.

Le Conseil Économique Social et Environnemental de Lorraine a présenté mi-décembre son rapport 2013. Pacte Lorraine, métropolisation, transfrontalier, Université de Lorraine, dialogue social et développement durable : malgré les ravages de la crise, ses conclusions désignent six priorités à soigner pour redresser la région. «La Lorraine est la région de France qui a été la plus touchée par une crise qui demeure historique par sa violence et sa durée. La création d’emplois est très limitée, même si on y intègre les travailleurs frontaliers. Notre démographie reste atone en raison d’une attractivité qui demeure beaucoup trop faible». Le début du discours du président Roger Cayzelle était grave le 13 décembre dernier lors de la remise du rapport 2013 du Conseil Économique Social et Environnemental de Lorraine (CESEL). Premier constat du rapport : la crise continue de faire des ravages en Lorraine, région la plus touchée de France. 50 000 emplois ont été détruits entre 2000 et 2012, soit une baisse de 6,2 % quand la France créait 890 000 emplois sur la même période. La désindustrialisation se poursuit et les relais ne sont pas suffisants (50 732 emplois industriels ont disparu entre 2000 et 2011, soit 28,2 % contre un recul de 19,8 % en France métropolitaine). La fracture territoriale s’amplifie à l’intérieur de la région : l’emploi dans la zone du Sillon Lorrain reste préservé par rapport aux territoires situés en périphérie de la région (Bar-le- Duc, Remiremont, Saint-Dié, Longwy…). Les indicateurs sociaux virent au rouge avec 176 415 demandeurs d’emploi en septembre 2013, (soit + 72 700 depuis 2008) et un taux de chômage de 11 % (là où en 1990 il était de 7,6 %).

Potentiel

Mais «la Lorraine dispose de nombreux atouts sur lesquels elle peut construire un avenir», contrebalance le rapport. «Elle possède un potentiel de recherche et d’innovation insuffisamment exploité». Le classement de la recherche publique lorraine par rapport aux financements de l’Agence Nationale de la Recherche la place au 11ème rang des régions, et la région compte 1 500 entreprises de plus de 10 salariés considérées comme innovantes. Autre bonne nouvelle : la part des diplômés du supérieur dans la population des 25-34 ans est passée en 10 ans de 24,8 % à 37,2 %, même si elle reste inférieure à la moyenne nationale.

Priorités à soigner

Le rapport pointe six mouvements à accompagner pour redresser la Lorraine : – Le Pacte Lorraine, dont l’élément central est de faire de la région le coeur de la Vallée Européenne des Matériaux et de l’Énergie, avec le CEA Tech, la SATT Grand-Est, l’Institut de Recherche Technologique Matériaux, Métallurgie et Process…
– l’Université de Lorraine, une avancée à consolider,
– la métropolisation : conforter le mouvement initié par Thionville, Metz, Nancy et Épinal, des métropoles irriguent une zone d’influence bien au-delà de leurs limites géographiques, et développer certains territoires en dehors de ces pôles qui peinent à croître comme Saint- Dié-des-Vosges ou Forbach,
– développer les potentiels communs entre la Sarre, la Lorraine et le Luxembourg, un espace comptant 3,9 millions d’habitants, dont le PIB s’élève à 131 milliards d’euros, qui offre d’énormes potentiels de coopération, notamment dans le domaine industriel, scientifique et technologique, universitaire, social ou culturel,
– favoriser le dialogue social, notamment par la mise en oeuvre du Comité Lorrain Tripartite tel qu’il est prévu dans le Pacte Lorraine,
– faire le pari du développement durable à travers la rénovation thermique des logements, l’efficacité énergétique des processus industriels et agricoles, la lutte contre l’extension des déplacements domicile-travail… Mais comme conclut Roger Cayzelle, «dégager des priorités suppose que l’on réduise les marges attribuées à d’autres actions…» La question du choix et des arbitrages est dès à présent posée.