MÉDECINE DU TRAVAIL Une réforme sous oxygène…

La réforme de la médecine du travail est aujourd’hui en marche avec un objectif affiché de modernisation. Si sur le papier, les choses apparaissent claires pour le législateur, dans la pratique la mise en œuvre s’avère plus délicate. Tentative de décryptage le 4 juillet à l’occasion du dernier petit-déjeuner du Medef de Meurthe-et-Moselle à Maxéville. […]


» Publié dans le numéro 1819 par

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«La réforme de la médecine du travail se doit d’être une bouffée d’oxygène pour tous», assure Martine Léonard, médecin inspecteur du travail dans le Grand Est

La réforme de la médecine du travail est aujourd’hui en marche avec un objectif affiché de modernisation. Si sur le papier, les choses apparaissent claires pour le législateur, dans la pratique la mise en œuvre s’avère plus délicate. Tentative de décryptage le 4 juillet à l’occasion du dernier petit-déjeuner du Medef de Meurthe-et-Moselle à Maxéville.

D’un côté une pénurie certaine de médecins du travail (environ 170 exercent en Lorraine et dans les cinq ans, deux tiers vont disparaître) qui voient dans la réforme de la médecine du travail (entrée en vigueur le 1er janvier suite au décret d’application n°2016-2018 du 27 décembre 2016) «une véritable bouffée d’oxygène leur permettant de réellement se concentrer sur les cas les plus lourds» comme l’assure Martine Léonard, médecin inspecteur du travail pour la région Grand Est face à un parterre de chefs d’entreprise venus prendre la température de cette fameuse réforme à l’occasion du dernier petit déjeuner du Medef de Meurthe-et-Moselle le 4 juillet à la Maison de l’entreprise de Maxéville. De l’autre côté, ces mêmes entrepreneurs souvent impuissants face aux problèmes de délais (notamment au niveau des visites de reprise de leurs collaborateurs), des problèmes de clarté où certains conseils d’entreprises n’arrivent pas trouver de solutions.

Entre SIR et VIP

«L’idée principale de la réforme est d’alléger et de tenter de rendre un meilleur service», assure de son côté Didier Gérard de l’ALSMT (Association lorraine de santé en milieu de travail). L’objectif du législateur est clair. «Les nouvelles dispositions réglementaires visent à mieux orienter les ressources médicales vers les personnes nécessitant une expertise médicale», c’est notamment le cas des salariés évoluant dans des postes à risques exigeant un SIR (suivi individuel renforcé), les autres ne se voyant attribuer qu’une VIP (visite d’information et de prévention). «La réforme vise également à donner à l’équipe pluridisciplinaire les moyens pour développer des relations plus étroites et plus régulières avec les employeurs et les salariés pour les aider à construire une démarche de prévention adaptée inscrite dans la durée.» Reste à mettre tout cela en œuvre, pas facile !