Initiative Meuse : La prudence est de mise

En 2016, la plateforme d’initiative locale meusienne a financé 37 projets permettant de créer ou de maintenir dans ce département rural 123 emplois directs contre 100 en 2015. Depuis plusieurs années, le comité a fait le choix de la prudence en étudiant de près le profil des porteurs de projets. L’objectif est évidemment de conserver […]


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En 2016, la plateforme d’initiative locale meusienne a financé 37 projets permettant de créer ou de maintenir dans ce département rural 123 emplois directs contre 100 en 2015. Depuis plusieurs années, le comité a fait le choix de la prudence en étudiant de près le profil des porteurs de projets. L’objectif est évidemment de conserver un taux élevé de pérennité à trois ans des jeunes entreprises.

«Nous sommes devenus plus sélectifs au fil du temps, car l’argent public doit être utilisé à bon escient. On n’est pas un distributeur de billets puisque nous apportons aussi du conseil et du suivi aux porteurs de projets qu’il soient créateurs ou repreneurs», rappelle Michel Jubert, le président d’Initiative Meuse, la plateforme locale meusienne. Si en 2016, moins de projets ont été accueillis avec 77 contacts contre 101 l’année précédente, en revanche le nombre de dossiers présentés devant le comité d’agrément a été plus important  (56) ; preuve que les dossiers avaient bien été préparés en amont. Le pourcentage à la baisse du taux d’acceptation passant de quasi 83 % en 2014 contre 75 % en 2016 montre toutefois cette volonté du comité d’être davantage prudent. Le secteur de la restauration est d’ailleurs impacté par cette nouvelle orientation. «Moins de dossiers de restaurateurs sont agréés mais ça ne nous empêche pas d’accorder des prêts à des restaurateurs quand les dossiers sont bien ficelés. Le profil du porteur de projets est évidemment regardé à la loupe par le comité», confie Hélène Girard, la cheville ouvrière d’Initiative Meuse. Au final, 37 entreprises ont été accompagnées ce qui a permis de créer ou de maintenir 123 emplois directs contre 100 en 2015.

LA DIVERSIFICATION AGRICOLE SOUTENUE

Pour coller aux réalités du territoire et à ses spécificités rurales, le comité s’est ouvert aux projets de diversification de l’agriculture, notamment aux projets liés à la transformation des matières premières. «On essaie de les aider en collaboration avec la chambre d’agriculture», prévient Michel Jubert. Reste à sensibiliser les agriculteurs qui ne connaissent pas forcément ce dispositif, contrairement aux banquiers. «Le prêt devient de plus en plus indispensable pour décrocher ensuite un prêt bancaire», explique d’ailleurs Hélène Girard. L’effet levier est important avec en moyenne, pour 1 € de prêt d’honneur décaissé, 7,4 € de prêt bancaires ont été mobilisés. En 2016, 3 431 965 € auront été mobilisés dans l’économie du territoire de la plateforme. Un rapprochement avec certaines Communautés de communes est par ailleurs en marche. Les collectivités ayant compris l’intérêt d’accompagner les projets pour dynamiser leur territoire, certaines ont donc décidé d’abonder en mobilisant une enveloppe pour les porteurs de projets.

DES BASSINS EN DYNAMIQUE… ET D’AUTRES À LA TRAÎNE

Côté territoire, le bassin de Commercy, porté par le contrat de développement économique suite au départ du 8e RA et le Grand Verdun connaissent une vraie dynamique, ce qui est moins le cas de la ville chef-lieu du département. Et pour cause, Bar-le-Duc est confrontée à des liquidations en nombre. Comme quoi, la proximité des chambres, installées dans la Cité des Ducs ne fait pas tout. Tournée vers l’avenir, la plateforme meusienne souhaite continuer à se développer entre exigence et montée en puissance. Les objectifs sont d’ailleurs ambitieux avec une volonté de passer de 50 à 60 prêts d’honneur engagés à l’horizon 2019 mais également une volonté de faire progresser le parrainage avec 16 projets parrainés contre 8 en 2016. Le parrainage, le suivi, l’accompagnement, le travail en réseau et l’engagement des différents partenaires, c’est ce qui fait la réussite de ce dispositif avec un taux de pérennité à trois ans de 86 %.