En croissance, le e-commerce s’imbrique avec les réseaux physiques

Au deuxième trimestre, le e-commerce pèse quelque 20 milliards d’euros, et confirme sa croissance, d’après la FEVAD (fédération du e-commerce et de la vente à distance). Les professionnels observent une imbrication croissante entre les acteurs de l’internet et ceux qui disposent de réseaux de distribution physique. Au deuxième trimestre 2017, le chiffre d’affaires du e-commerce […]


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Au deuxième trimestre, le e-commerce pèse quelque 20 milliards d’euros, et confirme sa croissance, d’après la FEVAD (fédération du e-commerce et de la vente à distance). Les professionnels observent une imbrication croissante entre les acteurs de l’internet et ceux qui disposent de réseaux de distribution physique.

Au deuxième trimestre 2017, le chiffre d’affaires du e-commerce s’est élevé à 19,5 milliards d’euros, en progression de 11 %, par rapport à la même période de l’an dernier. Le 19 septembre, à Paris, la Fevad, Fédération du e-commerce et de la vente à distance, qui regroupe 600 entreprises et 800 sites, a délivré les derniers chiffres et tendances de ce secteur. «Le marché maintient son dynamisme malgré un contexte assez défavorable», analyse Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Contexte électoral, fléchissement de la consommation des ménages, date tardive des soldes (le 28 juin) se sont en effet cumulés pour éroder la croissance du secteur. Ce dernier n’en a pas moins enregistré 287 millions de transactions, fruit d’une fréquence d’achat qui s’est encore resserrée : les cyberacheteurs passent en moyenne plus de trois commandes par mois, ce qui compense l’allègement du panier moyen, passé sous la barre des 70 euros. Et si les cyberacheteurs deviennent toujours plus actifs «cela s’explique aussi par l’élargissement de l’offre», estime Marc Lolivier : sur un an, la Fevad constate en effet une croissance de 10 % du nombre de sites marchands actifs, qui sont à présent presque 208 000, en France. Côté clients, les populations des cyberacheteurs et des internautes, mesurées par Médiamétrie, ont tendance à se fondre toujours plus. La France compte près de 37 millions de cyberacheteurs, soit 964 000 de plus qu’il y a un an. Au total, ce sont donc plus de 82 % des internautes qui ont déjà acheté en ligne. Avec deux bonnes nouvelles, pour les cybervendeurs : tout d ‘abord, «quand on vient à l’achat sur Internet, on y reste», constate Jamila Yahia Messaoud, directrice des départements télécom, cinéma, comportement Média et ad’hoc, chez Médiamétrie. Deuxième bonne nouvelle, «tout le monde achète sur Internet», poursuit-elle. Y compris les seniors, qui ont été les derniers à se mettre à l’achat en ligne. Quant au classement des sites Internet marchands les plus fréquentés par les Français, réalisé par Médiamétrie, il évolue peu : tous écrans cumulés (tablettes, smartphones,…), Amazon demeure très largement en tête, avec ses près de 23 millions de visiteurs uniques, en moyenne, par mois. Après ce leader, suivent des acteurs divers, pure playeurs et entreprises qui combinent réseaux de distribution physique et en ligne, avec par exemple, Cdiscount, Voyages-sncf.com, la Fnac, mais aussi Booking.com, Leclerc et Castorama.

La mode dessine les nouvelles tendances

Dans le secteur particulier de la mode et du textile, c’est le site Internet de la Redoute qui figure en tête de ceux les plus fréquentés, avec plus de 7 millions de visiteurs mensuels. Il est suivi de Zalando, Kiabi, Asos.com, et H & M. Et, chez H & M et Zalando, les applications sur mobiles ont pris le pas sur les sites Internet. Actuellement, d’après l’IFM, l’Institut français de la mode, les ventes sur Internet pèsent plus de 5 milliards d’euros, sur les 28 milliards que repré- sente le marché. «Elles ne cessent de croître», précise Christel Carlotti, responsable étude à l’IFM. Mieux, dans ce secteur, l’importance stratégique de l’Internet ne cesse de se développer, avec une tendance forte, celle de l’imbrication entre la Toile et les réseaux de distribution physique. Cette évolution se concrétise par des stratégies de rapprochement des acteurs : ainsi, Monoprix propose des collections de vêtements sur le site Internet monshowroom.com. Et les Galeries Lafayette ont annoncé, au mois d’août, le rachat de 51 % du capital de la Redoute, avec une option pour monter à 100 % à terme. «On observe une convergence entre le retail physique et le digital (…), nous avons réalisé des tests qui ont montré que nous arrivions à accélérer les ventes digitales avec des points de vente physiques réinventés», confirme Nathalie Balla, co-présidente de la Redoute. À l’avenir, donc, disposer de corners présentant les produits de La Redoute, aux Galeries Lafayette, pourrait permettre aux clients de toucher et essayer les vêtements, et, partant, booster les ventes en ligne. En fait, la mode n’est pas vraiment pionnière dans cette tendance à l’imbrication entre des acteurs de l’internet et de la distribution physique. En juin dernier, le géant Amazon a investi 13,7 milliards de dollars pour acheter une chaîne de supermarchés bio Whole Foods Market, qui compte 460 magasins aux États-Unis, au Canada et en Grande Bretagne.