«Pour manager, il est indispensable de bouger les lignes»

«Managers, les nouveaux explorateurs !» c’est le thème annoncé de la soirée prestige de l’ANDRH (association nationale des directeurs des ressources humaines) lorraine centre et lorraine nord, le 9 novembre prochain à l’espace chaudeau de Ludres. Un thème qui en dit long aujourd’hui sur les réelles missions menées par ces femmes et ces hommes au service […]


» Publié dans le numéro 1832 par

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«Managers, les nouveaux explorateurs !» c’est le thème annoncé de la soirée prestige de l’ANDRH (association nationale des directeurs des ressources humaines) lorraine centre et lorraine nord, le 9 novembre prochain à l’espace chaudeau de Ludres. Un thème qui en dit long aujourd’hui sur les réelles missions menées par ces femmes et ces hommes au service des ressources humaines et surtout leur positionnement dans un univers professionnel, sociétal et législatif (avec la fameuse mise en œuvre des cinq ordonnances de la loi travail), en constante évolution. Décryptage avec Frédéric Lemoine, directeur délégué d’une filiale du groupe leader (réseau d’agences d’emploi et de solutions en ressources humaines) le président de l’ANDRH lorraine centre.

Le 9 novembre prochain à l’Espace Chaudeau de Ludres vous organisez, avec vos homologues de Lorraine Nord, votre soirée Prestige sur le thème «Managers, les nouveaux explorateurs.» Pourquoi ce thème, les DRH sont-ils aujourd’hui à la conquête de nouveaux territoires ?

Pour manager une entreprise aujourd’hui ou un service de ressources humaines, il est indispensable de faire bouger les lignes. Le manager doit s’adapter à de nombreuses choses actuellement à l’image des générations Y et Z. Au-delà des belles phrases et des belles théories, il est indispensable de se poser les bonnes questions pour savoir comment il met tout cela en œuvre en interne en faisant confiance à ses collaborateurs et surtout pour que cette confiance soit réciproque. Il reste encore beaucoup de choses à explorer (et à découvrir) dans l’univers des ressources humaines.

En parlant de confiance, la réforme de la loi Travail avec, notamment, les cinq ordonnances, a été bien accueillie au niveau national par votre association, comment percevez-vous cette rénovation du modèle social français ?

La réforme du marché du travail doit se faire ! D’une façon pragmatique, cela devrait engendrer des avancées. Je pense qu’il faut tester et voir par la suite s’il faut ajuster ou non ! C’est comme dans toute réforme, il y a eu des oppositions de principe et c’est plus que légitime. On peut tout de même souligner qu’il y a eu un important travail de concertation. Personnellement, j’attends beaucoup de la future réforme sur la formation professionnelle.

Pourquoi ?

C’est le grand sujet d’aujourd’hui et de demain. Actuellement, il est fort de constater que les personnes qui consomment de la formation professionnelle ne sont pas forcément celles qui en ont le plus besoin. Il faut réellement arriver à ce que la formation soit en réelle adéquation avec les besoins des territoires et des entreprises. Je suis pour la mise en œuvre d’une véritable GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) territoriale mais pas uniquement sur le papier mais dans les faits. Toutes les politiques en matière de formation se sont soldées par des échecs et n’ont pas vraiment fait avancer les problématiques du chômage, ce n’est pas moi qui le dit, c’est un récent rapport de France Stratégie. Il faut vraiment arriver à une réelle conjonction de tous les acteurs.

L’ANDRH influe-t-elle sur les différentes dispositions législatives prises ?

Nous avons un rôle de lobbying et d’influence auprès notamment du cabinet du ministère du Travail. Notre association a été créée en 1947, d’ailleurs à l’occasion de notre soirée Prestige du 9 novembre à l’Espace Chaudeau de Ludres nous fêterons dignement nos 70 ans en pré- sence de notre président national Jean-Paul Charlez. Avec nos 5  000 membres organisés en 80 groupes locaux, nous sommes la plus grande communauté de professionnels des ressources humaines en France. Nous anticipons et accompagnons l’évolution des métiers et nous sommes devenus au fil des années la communauté de référence dans le débat RH. Toutes nos opérations de lobbying n’ont d’intérêt que si les groupes locaux sont écoutés.

Est-ce réellement le cas car souvent les grandes associations et structures représentatives sont souvent accusées de parisianisme et d’entre-soi ?

Depuis l’arrivée de Jean-Paul Charlez à la présidence de l’ANDRH il y a presque trois ans, les choses ont bien évolué. Au niveau national aujourd’hui, plus de la moitié des membres du bureau national sont issus des groupes locaux. Pour ma part j’en fais partie et cela me permet d’avoir une réelle écoute du terrain. C’est ce que j’appelle le RER, le retour d’expérience du réseau. C’est de la sorte qu’en écoutant la base que l’on peut réellement avancer. L’ancrage local est primordial, il n’y a pas (ou plus) de technostructure à l’ANDRH aujourd’hui.

Concernant cette base au niveau local, quel est le nombre de membres en Lorraine ?

Au niveau du groupe Lorraine Centre nous sommes quatre-vingt membres auxquels s’ajoutent les quarante membres de Lorraine Nord. Quelles sont les autres missions de votre association ? Nous formons et nous informons ! C’est là que la puissance de notre groupe prend toute son importance. Chaque mois, nous organisons une plénière sur des thèmes d’actualité bien précis et concrets comme par exemple dernièrement sur les ordonnances Macron.

Les DRH à l’instar des autres professions des ressources humaines et des managers en général sont-ils également confrontés à ce que l’on appelle souvent la solitude de l’entrepreneur et du manager ?

Comme tous les managers, le DRH se retrouve parfois seul et pour lui demander de l’aide est souvent délicat. Mettre en place un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) est loin d’être une chose facile et notre rôle premier est de s’occuper des personnes, il y a une grande dimension humaine dans tous le sens du terme. C’est pour cela qu’au niveau de l’association il y a cette mission d’entraide. Chacun a un jour rencontré une difficulté ou a dû faire face à une problématique. Partager cela avec le groupe permet d’avancer et de trouver des solutions. C’est d’ailleurs également de la sorte que nous pouvons proposer réellement des idées constructives pour ensuite exercer notre mission de lobbying.

L’ANDRH est-elle réservée uniquement au professionnel en exercice ?

Nous sommes ouverts à toutes les typologies d’entreprises, d’organisation, de toutes tailles et de tous secteurs d’activités. Nous nous adressons tant aux jeunes poursuivant des études dans les écoles ou universités mais également aux Juniors de la fonction RH qui viennent de débuter dans le métier. Nous avons d’ailleurs un partenariat avec l’Institut d’administration des entreprises (IAE) et notamment avec le Master RH & RSE. C’est ce mix générationnel qui nous permet d’avancer et de se positionner comme un véritable laboratoire d’idées et de propositions version ressources humaines.