Transmission

Un marché malade en Lorraine

A peine 422 offres recensées sur le portail Opportunet, la plateforme web mise en place par les CCIT de Lorraine. Dire que le marché de la transmission d’entreprises est en berne n’est pas un vain mot. Pourtant l’urgence est là, mais conjoncture oblige, les cédants attendent des jours meilleurs et les potentiels repreneurs peinent à trouver des fonds face à des organismes bancaires de plus en plus exigeants. La CCIT 54 vient de faire sa traditionnelle enquête sur la transmission. Décryptage.

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Le marché de la transmission d’entreprises est grippé et malgré l’urgence, la conjoncture est un frein.
Le marché de la transmission d’entreprises est grippé et malgré l’urgence, la conjoncture est un frein.
Le marché de la transmission d’entreprises est grippé et malgré l’urgence, la conjoncture est un frein.
Le marché de la transmission d’entreprises est grippé et malgré l’urgence, la conjoncture est un frein.

Si la transmission d’entreprise reste une des clés du développement des territoires, son impact sur l’attractivité et le développement est un des plus significatifs en termes de maintien et de développement des emplois et de l’activité économique. L’enquête annuelle publiée en septembre dernier par la CCIT 54 révèle que la conjoncture et le manque de préparation peuvent transformer cette étape en une véritable épreuve. Cette année, près de 5000 chefs d’entreprise de moins de 250 salariés, âgés de 50 ans et plus, des secteurs de l’industrie, des services (aux entreprises et aux particuliers) et du commerce, ont été interrogés. Les réponses de 300 d’entre eux ont été analysées et donnent une vision concrète de la manière dont ils appréhendent cette opération de transmission, complexe et longue. 87% des structures ayant répondu emploient moins de 10 salariés et 41% des dirigeants concernés sont majoritairement (41%) âgés de 53 à 60 ans. On constate que parmi les répondants à l’enquête, 65 % d’entre eux n’ont pas engagé de démarches dans le cadre de la cession de leur entreprise et 16 % jugent qu’il est encore trop tôt. Cet indicateur nous montre que très peu anticipent cette démarche de préparation à la cession.

Être accompagné

Le motif prioritaire reste le départ à la retraite pour 82% des sondés. Et le frein principal, hors cas de transmission familiale, est la difficulté à trouver un repreneur présentant le bon profil professionnel et financier, ce qui peut faire hésiter un cédant avant de s’engager plus avant (43% dans le commerce, 28% dans l’industrie). Le climat économique morose et incertain en est un autre. Ainsi la conjoncture économique défavorable freine l’activité de l’entreprise, donc sa compétitivité, et ne permet pas de céder son entreprise dans des conditions optimales. 62 % des répondants déclarent souhaiter se faire accompagner dans leur démarche, que ce soit par la CCIT (62%), l’expert-comptable (60 %) ou le notaire pour le dirigeant dans l’industrie. Alors que dans le commerce, l’agent immobilier occupe également une position importante, en raison de la prise en compte d’éléments de valorisation tels que l’emplacement, le droit au bail, le pas de porte, etc. D’ailleurs, les équipes en charge de l’accompagnement ont constaté que «les personnes qui souhaitent céder leur entreprise rapidement sollicitent majoritairement l’aide de la CCI. L’inversion de tendance flagrante s’explique notamment par le fait que plus le projet de cession est proche et concret, plus les chefs d’entreprise estiment avoir besoin d’être accompagnés, et inversement». Et lorsque la taille des entreprises est plus importante (au-delà de 50 salariés) les cabinets d’avocats ou les conseils spécialisés prennent le relais. La transmission nécessite donc un accompagnement adapté et de qualité, indispensable afin d’éviter les difficultés inhérentes à cette délicate opération. Un message bien reçu par la CCI territoriale qui s’est fixé comme objectif annuel l’accompagnement de 50 transmissions.

Pour plus d’infos : www.nancy.cci.fr