Economie sociale et solidaire

Une autre voie à suivre…

Affichée comme une des douze filières stratégiques pour le développement de la région par le Conseil régional, l’ESS (Economie sociale et solidaire) est à l’honneur en novembre en Lorraine dans le cadre du Mois de l’ESS, histoire de faire connaître réellement cette façon d’entreprendre autrement.

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En Lorraine, l’Economie sociale et solidaire représente 80 000 salariés. Ce secteur a créé plus d’emplois en dix ans que le secteur traditionnel et ce, trois fois plus vite.
En Lorraine, l’Economie sociale et solidaire représente 80 000 salariés. Ce secteur a créé plus d’emplois en dix ans que le secteur traditionnel et ce, trois fois plus vite.
En Lorraine, l’Economie sociale et solidaire représente 80 000 salariés. Ce secteur a créé plus d’emplois en dix ans que le secteur traditionnel et ce, trois fois plus vite.
En Lorraine, l’Economie sociale et solidaire représente 80 000 salariés. Ce secteur a créé plus d’emplois en dix ans que le secteur traditionnel et ce, trois fois plus vite.

En novembre, c’est ESS un partout dans l’Hexagone et notamment en Lorraine. Plusieurs manifestations, organisées par le Conseil régional, se déroulent tout au long du mois dans le cadre du Mois de l’ESS. ESS pour Economie sociale et solidaire. Cette nouvelle façon de concevoir l’économie, en réaction et non en opposition à la conception purement capitaliste de l’économie et des acteurs qui la font, est présentée par l’exécutif régional comme une des douze filières stratégiques à soutenir pour le développement de la région. 80 000 salariés en Lorraine, 6500 structures employeuses, dans les chiffres l’ESS porte une dynamique d’avenir certaine. La filière est d’ailleurs le fil conducteur du plan régional Lorraine 2020 présenté en juin dernier mais qui est loin de faire l’unanimité dans les rangs des représentants de l’économie classique. «L’ESS est présentée comme une solution d’avenir pour garantir l’économie de notre région, s’affranchissant des marchés et des finances (…) L’ESS a sa place dans l’économie régionale mais elle ne peut avoir cette place que si l’entreprise privée est forte et compétitive», assure le Medef régional dans une lettre ouverte (voir notre précédent numéro). L’ESS ferait-elle peur du fait de son caractère social trop marqué pour certains ?

10 % des salariés français…

Objectif lucratif limité, finalité sociale affichée, ancrage territorial, gouvernance démocratique sont les notes majeures de la partition de l’ESS. Sûr que cette musique n’adoucit pas forcément les moeurs des acteurs de l’économie traditionnelle. A l’échelle hexagonale, le secteur réunit 10 % des salariés français dans des structures où l’humain prime sur le profit. Ce secteur a créé plus d’emplois en dix ans que le secteur traditionnel et ce, trois fois plus vite. Maillon fort de cette politique : les clauses sociales d’insertion dans les marchés de travaux et de services des collectivités. «Depuis 2008, nous menons cette politique avec les acteurs de l’emploi présents sur les territoires. A ce jour, 60 opérations représentant 180 000 heures de travail en direction des publics les plus éloignés de l’emploi ont été mises en place», assure l’exécutif régional à l’occasion d’une conférence, le 6 novembre à la Maison des Sports de Tomblaine. Souvent considérée comme une économie de seconde zone, car elle est composée à 80 % de structures soutenues par l’Etat (donc par l’argent public), l’ESS est aujourd’hui en mutation pour prendre réellement sa place dans une économie de marché dominante. Au printemps 2013, une loi sur l’ESS est prévue, devant permettre à ses acteurs de se transformer en véritables groupes et d’effectuer ainsi un changement d’échelle qui leur fait, pour l’instant, cruellement défaut. Jouer à armes égales avec les entreprises classiques, mais sans pour autant y perdre son âme… pas facile ! Irriguer la philosophie ESS au sein des entreprises actuelles serait déjà une avancée importante dans les mentalités. ESS et Economie classique, deux visions de l’économie, deux mondes qui peuvent cohabiter si chacun y met du sien.