Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre d’Agriculture de

«L’agriculture est dans une période charnière»

Àl’heure où les carrières agricoles raccourcissent et que les jeunes ont de nouvelles exigences sociétales, Jean-Luc Pelletier, le président de la Chambre départementale d’agriculture de la Meuse et de l’instance régionale, prône un retour aux fondamentaux. Rencontre.

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Jean-Luc Pelletier vient d’être réélu président de la Chambre régionale d’agriculture de Lorraine.
Jean-Luc Pelletier vient d’être réélu président de la Chambre régionale d’agriculture de Lorraine.
Jean-Luc Pelletier vient d’être réélu président de la Chambre régionale d’agriculture de Lorraine.
Jean-Luc Pelletier vient d’être réélu président de la Chambre régionale d’agriculture de Lorraine.

Les Tablettes Lorraines : Vous avez été réélu à la tête de la Chambre meusienne et de l’échelon régional, pourquoi avez-vous décidé de vous réengager ?

Jean-Luc Pelletier : Après un mandat et demi au niveau meusien, c’était finalement assez court. Au niveau régional, l’expérience était positive avec un investissement fort sur de grands enjeux qui restent très motivants. Je ne me suis donc pas posé la question sachant qu’on est dans une période charnière, en pleine évolution. Je m’inscris dans la continuité, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de nouveaux défis. Aujourd’hui, le nombre d’agriculteurs diminue. L’État nous transfère des missions supplémentaires, d’où l’enjeu de redéploiement des moyens avec une équation pas évidente : être présent en proximité avec des dotations en baisse et des compétences élargies.

Est-ce une équation impossible ?

Je ne le pense pas, mais cela nous oblige à avoir une organisation partagée. La RGPP (révision générale des politiques publiques) a amené un certain nombre de pôles de décisions à la région, que ce soit avec le préfet de région, le directeur régional de l’agriculture ou encore le Conseil régional. Cette nouvelle organisation nous conduit à être très concentrés sur le lobbying, c’est-à-dire, le suivi des dossiers. On doit équilibrer l’équation, car la mutualisation des services ne peut se faire qu’au profit d’une meilleure efficacité des départements.

Quelles sont vos priorités ?

Les priorités du mandat précédent ne s’arrêtent pas, mais il est évident que l’équipe élue va impulser une nouvelle dynamique. Le travail dans les départements va se faire sur la base de la complémentarité des besoins avec les compétences régionales. C’est une réflexion qui va s’engager avec une première rencontre des bureaux départementaux à la région le 15 mai prochain. L’enjeu est que la réflexion départementale puisse s’adosser sur les compétences régionales afin de ne pas construire seul mais ensemble.

Quels sont les enjeux pour l’agriculture de demain ?

On a terminé le mandat avec un projet lorrain TERRANEA. On a réalisé un gros travail sur l’installationtransmission en lien avec les jeunes agriculteurs. On doit répondre à la capacité des jeunes de reprendre des outils économiquement viables. La filière bovine nous inquiète, tout comme la capacité à garder des surfaces en herbe sur le territoire, vis-à-vis des enjeux environnementaux et plus particulièrement de qualité de l’eau. On est attaché à l’évolution de la PAC (Politique agricole commune) qui va être un levier d’influence, si on sait trouver un équilibre entre le soutien à la production d’élevage et une bonne complémentarité entre céréaliers et éleveurs, cela permettra de donner un sens à cette politique de polyculture-élevage.

Est-ce que le secteur reste attractif ? On a plus de candidats que d’exploitations, même si certaines filières sont fragilisées. Globalement l’agriculture tire son épingle du jeu dans un monde économique en grande difficulté grâce aux restructurations et aux améliorations techniques. Il faut que l’on reprenne notre travail avec une vision prospective dans la durée pour défendre cette agriculture équilibrée. On doit revenir aux fondamentaux. Attention, le métier d’agriculteur n’est pas celui de trader !