Le rendement est rare…

Nos économies entrent dans une phase de consolidation qui s’annonce longue, en particulier en Europe. La conséquence pour l’épargnant est que les rendements servis depuis des années par les produits de taux – obligations, sicav monétaire, fonds euros – sont appelés à rester durablement bas à l’avenir. Cette situation oblige chacun à repenser son allocation d’actifs, en tenant compte de son aversion au risque et selon son horizon de placement, pour retrouver rendement et performance…

Après une année 2011 très éprouvante, l’année 2012 s’est achevée sur une embellie des marchés financiers. Les actions et les obligations ont profité de liquidités abondantes et ont affiché de belles performances. Cette situation, très favorable pour les investisseurs en terme de gains en capital, masque cependant une réalité économique qui remet en question la durabilité des rendements de certains produits d’épargne.

A cet égard, l’assurance-vie en fonds euros, placement préféré des Français, fait face à une problématique délicate. Même si les rendements annoncés au titre de l’année 2012 par les compagnies d’assurance vie restent encore corrects autour de 3% en moyenne, les deux moteurs de la performance des fonds euros ne joueront plus qu’un rôle réduit dans les années à venir.
D’une part, les actions verront leur place diminuer sensiblement dans les stratégies de gestion avec la mise en oeuvre des nouvelles normes prudentielles dites Solvency II ; d’autre part les obligations, composante principale des fonds euros, délivrent aujourd’hui des rendements très faibles tant pour les emprunts d’Etat que pour les belles signatures du secteur privé.

Dans ce contexte, maintenir intégralement son capital dans les fonds euros permettra tout au plus dans les années à venir de couvrir l’inflation – pour autant que celle -ci reste faible ! Les revenus complémentaires et les gains en capital seront de moins en moins envisageables.

Alors, quelles solutions s’offrent à l’épargnant pour lutter contre l’érosion de la rentabilité des placements de taux ?

S’orienter vers les entreprises….

Les épargnants doivent prendre conscience d’une réalité souvent ignorée : la classe d’actif qui offre aujourd’hui le meilleur rendement, toutes classes d’actifs confondues, est celle…des actions !

Ce constat se vérifie particulièrement pour ce qui concerne les entreprises cotées européennes. Outre le fait qu’elles bénéficient de valorisations encore attractives (le PER 2013 pour l’indice Stoxx Europe 600 – qui représente un univers large de 600 valeurs européennes cotées – est seulement de 12), il s’avère que le rendement des dividendes qu’elles servent est actuellement en moyenne de l’ordre de 4%, ce qui est supérieur à la plupart des obligations de bonne qualité.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que près de 30 % d’entre elles offrent au travers de leur distribution de dividende des rendements supérieurs à ceux servis par leurs propres émissions obligataires !

Ajoutons également que les entreprises ont globalement les moyens de poursuivre leur politique de dividende, en raison de leur structure financière saine et des niveaux records de cash dans leurs bilans.

…par le filtre de la soutenabilité du dividende….

La bonne démarche est de retenir, non pas les sociétés offrant les rendements les plus élevés, mais plutôt celles capables d’en assurer la pérennité et la croissance dans le temps. Cela passe par l’analyse approfondie de la récurrence de leurs cash flows et de l’anticipation de la croissance de leurs résultats.

Trop souvent achetées par le passé avec le seul objectif d’une plus-value en capital, dans une conjoncture économique difficile les actions doivent aujourd’hui être prioritairement appréciées au travers de cette faculté à mettre en oeuvre pour leurs actionnaires une politique de distribution de dividende soutenable à long terme.

…moteur important de performance à long terme.

Si cette méthodologie d’investissement sur les entreprises à dividende soutenable est aujourd’hui au coeur de notre processus d’investissement chez KBL Richelieu, c’est bien parce que le dividende est un contributeur important de la performance à long terme.

En effet, des études portant sur le marché américain ont démontré que sur longue période les dividendes représentent en moyenne les 2/3 de la performance d’une action *

Plus proche de nous, l’indice européen Stoxx Europe 600 a réalisé, sur les 10 dernières années depuis le 1er janvier 2003, une performance globale de 97% dividendes réinvestis. Or, il s’avère que seulement 40% de ce retour sur investissement provient de la hausse des cours…alors que l’effet dividende représente 60% de cette performance… !

Conséquence des politiques monétaires très accommodantes des banques centrales, les produits de taux offrent aujourd’hui des rendements très bas. Face à ce constat, nous préconisons depuis déjà un an de recréer au sein des allocations d’actifs une poche d’actions à dividende soutenable. Celle-ci pourra être constituée par exemple à hauteur de 20 ou 30 % des actifs selon l’aversion au risque de chaque investisseur et son horizon de placement. Couplée à un fonds euros, cette poche permettra de recréer de la performance à long terme, le fonds euros jouant alors un rôle d’amortisseur et de sécurisation dans les périodes de baisse des marchés.