Artisanat meusien

Rencontre à la préfecture

Répondant à l’invitation à déjeuner d’Isabelle Dilhac, la préfète de la Meuse, Lucette Collet, la présidente de la Chambre de métiers et d’artisanat était accompagnée mi-mai de quatre chefs d’entreprise meusiens. L’occasion pour eux d’évoquer leurs quotidiens et leurs préoccupations.

Fille d’artisan, Isabelle Dilhac, la préfète de la Meuse avoue ne «rien ignorer de la complexité des procédures». C’est d’ailleurs pour cette raison que Lucette Collet, la présidente de la Chambre de métiers et d’artisanat de la Meuse milite pour la multiplication des regroupements, que ce soit les Scop ou les GIE même si culturellement l’artisan a davantage l’habitude de travailler seul. Mais à l’heure où les perspectives économiques ne sont pas favorables, aucune piste ne doit être écartée. La présidente de la CMA souhaite créer un poste dédié à la veille régionale en matière de marchés publics. Cette idée a germé dans sa tête à la suite d’une rencontre organisée à Bure par l’Andra, qui réunissait des artisans meusiens et haut-marnais. Ce rendez-vous visait à leur présenter les procédures pour qu’ils puissent concourir lors d’appels d’offres. Si en Haute-Marne, une personne se charge de cette veille économique pour les artisans, Lucette Collet espère proposer ce nouveau service aux Meusiens et à plus grande échelle aux artisans lorrains. «L’objectif serait de recenser tous les appels d’offres sur un champs régional, mais aussi d’accompagner les artisans dans le montage de ces dossiers très techniques pour qu’ils présentent des candidatures de qualité (..) Les chambres de métiers doivent engager une mutation pour être à l’interface et pas seulement dans l’accompagnement».

Auto-entrepreneurs en ligne de mire

À l’écoute, la préfète a interrogé Cyril Hipolite, charpentier, Damien Carlu, spécialisé dans la chaudronnerie-ferronnerie, Eric Devriendt, boulanger- pâtissier et Patrick Bottin, expert en affiche et publicité pour mieux connaître leurs besoins. Quelles sont leurs inquiétudes ? Pour Cyril Hypolite, elles ont une même source : la hausse de la TVA pour les rénovations, car si les constructions sont en berne, la marge de manoeuvre au niveau des réhabilitations pourrait bien connaître un coup d’arrêt. Cette rencontre a aussi permis de parler des contraintes pour les travaux de désamiantage. «Face à un cahier des charges toujours plus exigeant, finalement les marchés sont décrochés par les entreprises de Meurthe-et-Moselle », regrette le dirigeant meusien. Tous ont la même volonté de développer leurs sociétés. C’est le leitmotiv de Lucette Collet, qui mise avant tout sur des coopérations. Certaines portent déjà leurs fruits comme c’est le cas avec le Critt qui apporte des solutions techniques aux boulangers. «À une période où les carnets de commandes sont en berne, on incite les artisans à se former et à se réapproprier de nouveaux marchés.». Évidemment la rencontre ne pouvait se clôturer sans évoquer les auto-entrepreneurs. Du côté de la chambre, Lucette Collet estime qu’il faut les suivre de près pour ensuite les orienter vers un autre statut… En tout état de cause, le régime va encore évoluer puisque ce statut devrait avoir une durée limitée de trois ans. Une nouvelle saluée par les artisans.