Services à la personne

Du dynamisme sur fond de précarité

Les services à la personne ! Ce secteur, présenté comme une manne d’emplois indéniable dans les années à venir du fait principalement de l’augmentation de la population des personnes âgées et dépendantes, possède sa face cachée. Emplois précaires, faibles rémunérations, conditions de travail difficiles, difficultés de recrutement de la part des entreprises et des organismes spécialisés. C’est ce que révèle une enquête de l’Insee Lorraine présentée fin mai.

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Dans son enquête sur les services à la personne, l’Insee régional dévoile l’autre côté de ce secteur créateur d’emplois : la précarité des postes proposés.
Dans son enquête sur les services à la personne, l’Insee régional dévoile l’autre côté de ce secteur créateur d’emplois : la précarité des postes proposés.
Dans son enquête sur les services à la personne, l’Insee régional dévoile l’autre côté de ce secteur créateur d’emplois : la précarité des postes proposés.
Dans son enquête sur les services à la personne, l’Insee régional dévoile l’autre côté de ce secteur créateur d’emplois : la précarité des postes proposés.

35 000 emplois ! C’est ce que représentent aujourd’hui les services à la personne en Lorraine soit près de 4 % de l’emploi régional et la demande devrait aller crescendo. L’enquête, présentée fin mai par l’Insee régional (disponible dans son intégralité sur le www.insee.fr/lorraine) en partenariat avec la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) peut s’avérer, aux premiers abords, comme une bonne nouvelle. «Le sujet des services à la personne est des plus importants en Lorraine. Ce secteur est un vivier d’emplois et comme tout le monde le sait, l’emploi se fait rare par les temps qui courent dans la région», stipule Christian Tourlet, le directeur régional de l’Insee. Des emplois, oui ! Mais à quel prix ! «En moyenne, le salaire d’une personne travaillant dans ce secteur d’activité atteint difficilement les 800 euros par mois», commente Damien Richet, chargé d’études à l’Insee. Travailler peu pour gagner peu s’affiche comme l’adage du secteur. «L’emploi à temps plein est rare dans les services à la personne. Il ne concerne que 11 % des salariés. Un salarié lorrain des services à la personne travaille en moyenne 740 heures par an dans ce secteur et 1 050 heures en incluant d’éventuelles heures exercées dans des emplois hors services à la personne (…) Les salaires ne progressent pas ou peu avec l’âge, comme c’est le cas dans d’autres secteurs. En effet, l’expérience ou l’ancienneté ne sont peu ou pas reconnues, de par la nature et le nombre d’employeurs. » La précarité est donc le lot commun pour une grande partie des employés. Des employés constitués, en Lorraine, par 91 % de femmes.

Emplois précaires et difficiles

«Travailler dans les services à la personne ne permet pas toujours d’assurer un nombre suffisant d’heures de travail. Les salariés du secteur sont donc souvent amenés, par choix ou obligation, à exercer une autre activité dans un autre secteur. Inversement, des salariés ayant leur contrat principal hors services la personne peuvent vouloir compléter leurs salaires en travaillant dans ce secteur d’activité. C’est ainsi que 10 500 salariés lorrains combinent des travaux à la fois dans et hors services à la personne. » Une typologie d’emplois précaires, fragiles et jugés difficiles. «Pour un tiers des entreprises comme des associations, les conditions de travail jouent négativement pour l’attractivité du secteur et donc du recrutement. Sur les raisons de la difficulté des conditions de travail, la pénibilité physique arrive en tête à égalité avec la mobilité.» Côté typologie des employeurs : les particuliers arrivent en tête, suivis par les organismes (entreprises privées et associations). C’est cette deuxième typologie d’employeurs qui a «dynamisé » le secteur. Un secteur boosté par l’assistance aux personnes âgées et dépendantes. En 2040, la Lorraine comptera 176 000 ménages de 60 ans ou plus supplémentaires dont 117 000 de 75 ans et plus. Une manne de marché indéniable pour les entreprises spécialisées dans ce domaine. Un business lucratif mais un secteur qui se doit aujourd’hui de continuer sa structuration, de travailler sur son attractivité et de (re)valoriser ses troupes d’employés, histoire de trouver assez de combattants pour grossir ses rangs dans l’avenir.