Conjoncture

La Lorraine marche dans l’ombre

Des rentabilités d’exploitation en chute pour les entreprises. La totalité des secteurs, ou presque, dans l’expectative et des perspectives pour 2013 bien fragiles. Le bilan économique et social annuel présenté fin mai par l’Insee régional ne déroge pas à la règle. Les temps sont durs et risquent de s’éterniser.

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Les temps obscurs, version conjoncture, continuent dans la région. C’est ce que vient de confirmer le bilan économique et social de l’Insee.
Les temps obscurs, version conjoncture, continuent dans la région. C’est ce que vient de confirmer le bilan économique et social de l’Insee.
Les temps obscurs, version conjoncture, continuent dans la région. C’est ce que vient de confirmer le bilan économique et social de l’Insee.
Les temps obscurs, version conjoncture, continuent dans la région. C’est ce que vient de confirmer le bilan économique et social de l’Insee.

Les années de l’ombre pour la Lorraine ! Les observatoires et baromètres conjoncturels se suivent… et se noircissent encore un peu plus à chaque édition. Dernier en date, l’attendu Bilan économique et social de l’Insee régional réalisé avec la Direction des affaires régionales de la Banque de France. Un seul qualificatif peut résumer la situation de la région aujourd’hui : «en panne !» Moins d’emplois avec «une perte de près de 11 000 postes au cours de l’année passée. Cette baisse de 2,3 % est presque quatre fois supérieure à celle observée en France et ce fléchissement concerne tous les secteurs», explique Jean-Philippe Thanry, chargé d’études à l’Insee Lorraine. Plus de chômage : «il s’est aggravé tout au long de l’année et passe de 9,8 % à 10,7%. Le département des Vosges reste le plus touché (12,2 %), suivi de la Meuse (11 %), la Moselle (10,5 %) et la Meurthe-et-Moselle (10,2 %).» Le tout avec une fracture territoriale qui ne cesse d’augmenter. «C’est dans les zones d’emploi de Commercy, de Remiremont, de Saint-Dié-des-Vosges, de Forbach et de Thionville que le chômage augmente le plus fortement.»

Exportation en recul

Dernier indicateur moribond et révélateur de la situation actuelle : une consommation des ménages en berne. «C’est du jamais vu depuis vingt ans ! Cette année, les ménages ont encore puisé dans leur épargne. Si la consommation ne reprend pas, l’économie ne suivra pas», commente Bertrand Kauffmann, le chef du service Études et Diffusion de l’Insee régional. Conséquence directe : les entreprises souffrent ! «Ce climat négatif a évidemment des conséquences sur la vie des entreprises. La rentabilité d’exploitation chute. Dans l’industrie agroalimentaire et dans la production d’équipements électriques et électroniques, les marges se maintiennent. Par contre, c’est la dégradation dans la fabrication des matériels de transport et dans celles des autres produits industriels. Dans les services marchands, les rentabilités d’exploitation ne varient guère. Dans le bâtiment, elles stagnent ou régressent.» Et du côté de l’investissement : «il baisse faiblement dans l’industrie, mais recule franchement dans la construction.» (voir encadré). Sur la planète Exportation, les choses sont dans la même lignée avec quelques sources d’optimisme : «les exportations lorraines reculent de 1,5 % et situent la région à la dixième place des régions de France. Néanmoins, le solde extérieur s’apprécie à 38 % et permet à la région d’être la troisième région de France de ce point de vue.» Bilan des courses : le passage de l’ombre à la lumière devrait prendre du temps en espérant que l’obscurité totale ne s’abatte pas sur la planète Lorraine.