Emploi

Les «bonnes» nouvelles du front…

Baisse de 1,3 % des demandeurs d’emploi lorrains de catégorie A en octobre. À contrario, les autres catégories B et C enregistrent une nouvelle hausse. Si le chômage baisse globalement, attention aux arbres qui cachent la forêt.

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La baisse enregistrée des chômeurs de catégorie A ne doit pas faire ignorer la hausse constante des autres catégories.
La baisse enregistrée des chômeurs de catégorie A ne doit pas faire ignorer la hausse constante des autres catégories.
La baisse enregistrée des chômeurs de catégorie A ne doit pas faire ignorer la hausse constante des autres catégories.
La baisse enregistrée des chômeurs de catégorie A ne doit pas faire ignorer la hausse constante des autres catégories.

La courbe remonte timidement mais elle remonte ! L’intérim semble reprendre dans le département de Meurthe-et-Moselle laissant envisager une timide reprise pour le troisième trimestre de cette année. «C’est un léger, très léger rebond. Nous pourrons confirmer ou infirmer cette tendance au mois de janvier», confie Laurence Bomont, correspondante statistiques régional à l’Urssaf Lorraine quelques jours après la présentation des résultats socio-économiques pour le deuxième trimestre 2013 de l’union. Une bonne nouvelle accentuée fin novembre par la publication des chiffres du chômage jugés plutôt bons statistiquement parlant. «À la fin octobre 2013, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité durant ce mois (catégorie A) s’élève à 124 290 en Lorraine, soit une baisse mensuelle de 1,3 %. Cela représente 1 610 demandeurs d’emploi de moins inscrits sur les listes des demandeurs d’emploi», stipule la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) Lorraine. Pas de quoi claironner car cette catégorie A s’affiche comme l’arbre qui cache la forêt. «Concernant les catégories B et C (ayant ou pas réalisé une activité réduite), la situation est différente. 177 410 demandeurs d’emploi sont inscrits fin octobre dans la région, soit une hausse mensuelle de 0,6 %. L’augmentation annuelle en Lorraine s’élève à + 7,8 %».

Baisse globale

D’un côté une hausse, de l’autre une baisse. Paradoxe ? Pas vraiment. Septembre et octobre sont traditionnellement des mois de reprise d’activité avec, notamment, un besoin de main d’oeuvre saisonnière (vendanges, récoltes fruitières en tous genres). Dans les chiffres fournis, globalement la baisse du chômage est bien là. Les contrats aidés utilisés de façon massive, les emplois d’avenir, le plan «30 000 formations pour 30 000 emplois vacants» mis en place par le gouvernement, les premiers effets du très controversé Cice (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), expliquent en grande partie ces «bons» chiffres. Reste que faute de croissance (0,2 % envisagé cette année), la création pure d’emplois semble impossible. Pour les spécialistes, la création réelle d’emplois ne peut s’envisager qu’avec 1,5 à 2 % de croissance, on en est loin. Même avec un regain de croissance, un frémissement de reprise, le gros des troupes des entreprises n’embauchera pas. Elles préféreront réaliser des gains de productivité histoire d’éponger les pertes liées à la période actuelle c’est-àdire demander plus de travail au même nombre de salariés dans leur structure. Donne déjà bien palpable aujourd’hui. «L’emploi salarié lorrain continue son mouvement de déclin au deuxième trimestre (-0,4 % en moins par rapport au premier trimestre), soit 1 700 emplois». Le taux de chômage en Lorraine s’établit aujourd’hui à 11 %. Une baisse du chômage enregistrée, oui. Une amélioration de la situation de l’emploi, pas encore…