Conférence

Le Digital Champion français Gilles Babinet était à l’Epitech de Nancy début mars pour une conférence sur les enjeux de l’économie numérique. Ce gourou du numérique a extrait la quintessence de son livre «L’ère numérique, un nouvel âge de l’humanité», où il identifie cinq domaines dont l’évolution en cours va bouleverser le cours de nos vies… et de nos économies.

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Le Digital Champion pour la France Gilles Babinet était à l’Epitech de Nancy le 6 mars avec son lot de propositions pour sortir l’économie nationale du marasme.
Le Digital Champion pour la France Gilles Babinet était à l’Epitech de Nancy le 6 mars avec son lot de propositions pour sortir l’économie nationale du marasme.

Le salut par le numérique

Le Digital Champion pour la France Gilles Babinet était à l’Epitech de Nancy le 6 mars avec son lot de propositions pour sortir l’économie nationale du marasme.
Le Digital Champion pour la France Gilles Babinet était à l’Epitech de Nancy le 6 mars avec son lot de propositions pour sortir l’économie nationale du marasme.

«L’assimilation de connaissances devient de moins en moins fondamentale. Ce qui compte, c’est l’innovation pure. L’Éducation nationale a beaucoup de mal à le comprendre.» Sous sa touffe de cheveux dissidents et ses faux airs d’ados rêveurs, Gilles Babinet est du genre direct. Le Digital Champion nommé par Fleur Pellerin auprès de la Commission européenne était à l’Epitech de Nancy le 6 mars pour la première soirée «Business & compétences du numérique», organisée par l’association Nancy Numérique et la Maison de l’Emploi. Cet e-gourou livrait un résumé de son livre sorti en janvier «L’ère numérique, un nouvel âge de l’humanité», où il identifie cinq secteurs clés pour faire rebondir l’économie française : la connaissance et l’éducation, la santé, la production et l’État.

We don’t need your education
Après avoir réglé son sort à la notion de connaissance, place à l’éducation pour dézinguer la notion d’intelligence et l’élitisme du système scolaire. «J’ai quitté l’école à 15 ans. On m’a fait passer des tests de QI, les psys ont dit à mes parents que je ne m’en sortirais jamais.» Un baccalauréat, et neuf sociétés créées plus tard, le serial entrepreneur conclut : «dans le numérique il y en a plein, des gens comme moi.»
C’est ensuite au tour de la santé. «Le secteur croît de 4 % par an. Mais il est basé sur un système post-traumatique -on ne vous soigne que quand vous êtes malade- et la chimie y est sacrée : sur les 310 milliards dépensés pour la santé chaque année, 70 sont consacrés aux médicaments. Or, aujourd’hui le nombre d’années à vivre en bonne santé diminue. Pourquoi ? On dérembourse. Le système est épuisé.» Le salut selon Gilles Babinet ? Le Quantified Self, traduisez l’«automesure». «Grâce à la collecte des données personnelles, on va pouvoir prédire les maladies, améliorer les dosages, éviter les effets secondaires… »
C’est ensuite à l’État de passer à la moulinette du Digital Champion. «Il procède de façon extrêmement verticale. Or, le numérique fonctionne de façon transversale. Le prochain stade, c’est la démocratie participative.» La clé ? D’abord «l’open data», l’accès libre aux données. Ensuite, l’innovation. «C’est fondamental qu’elle soit appuyée par l’État.»

I Robot
Gilles Babinet aborde ensuite les changements imminents dans le monde du travail. «La production est en train de changer de nature. La notion moderne de travail salarié va disparaître. Le plein emploi, c’est fini. Dans quelques années, même les services pourront être remplis par des robots. La conséquence directe, c’est la concentration de capitaux dans les mains de leurs possesseurs. C’est inquiétant, mais inéluctable. Les pays occidentaux ne réfléchissent pas à cette disparition du travail salarié.» La solution de Gilles Babinet, évidemment, est le numérique. «Il peut aider à re-répartir la richesse. Les fab labs par exemple sont un outil de réappropriation de la production.»
L’intervention touche à sa fin. «Je suis alarmiste», reconnaît le conférencier, «et en même temps plein d’espoir. L’utopie est possible, mais nécessite que la société civile se réveille. Qu’elle se dise par exemple : à notre échelle, nous aussi on va construire notre fab lab…»

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