Création d’entreprises

Avec 14600 microcrédits accordés en 2013, l’Adie, association de microcrédit et d’accompagnement de créateurs d’entreprise, constate un développement de son activité. Malgré le contexte de crise, la démarche permet, dans certains cas, un retour à l’emploi.

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L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) a accordé 14 600 microcrédits l’an passé.
L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) a accordé 14 600 microcrédits l’an passé.

L’Adie donne de l’ampleur au microcrédit

L’activité progresse malgré la crise. En 2013, l’Adie, l’Association pour le Droit à l’initiative économique, qui délivre des microcrédits aux exclus du système bancaire et les accompagne dans le déploiement de leur projet professionnel, a accordé 12 % de prêts de plus que l’année précédente. C’est ce qu’a annoncé l’association, lors de sa conférence de presse du 3 février, à Paris, à l’occasion de l’ouverture de la 10ème semaine du microcrédit, qui s’est tenue du 3 au 7 février, sur tout le territoire national. Au total, depuis sa création, il y a 25 ans, l’association estime avoir accordé 132 000 microcrédits et participé à la création de plus de 94 000 entreprises. Mais pour Catherine Barbaroux, présidente de l’association, l’année qui vient de s’écouler est une «année exceptionnelle (…) la dynamique de l’Adie a été préservée et amplifiée». Plusieurs indicateurs sont positifs. Ainsi, «le volume des impayés a diminué de manière sensible», se félicite Catherine Barbaroux. Il est passé sous la barre des 7 %, alors qu’il dépassait les 9 % auparavant. «Cette performance est liée à l’accompagnement, à un suivi très régulier», estime la présidente, qui constate que de plus en plus de clients de l’Adie y ont recours. Autre indicateur positif, la pérennité des entreprises. D’après les chiffres de l’association, 70 % de celles créées il y a deux ans existent encore, et ce taux s’élève à 58 % pour les entreprises lancées il y a trois ans.

2014 sous de bons auspices
L’année 2014 devrait donc être dense en activité. En effet, en se basant sur des données publiques, l’Adie estime à environ 100 000 le nombre de personnes susceptibles d’avoir recours au microcrédit accompagné. Par ailleurs, les conditions semblent réunies pour que l’association puisse mener à bien son action : la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale a voté les amendements au projet de loi Pinel sur «l’artisanat, le commerce et les très petites entreprises », qui abandonnent les seuils et les limites de durée du régime de l’auto- entrepreneur. Un enjeu de taille pour l’association, dont une partie importante des entrepreneurs qu’elle accompagne a choisi ce régime. «Nous sommes plutôt dans l’idée d’une dynamique de simplification qui va l’emporter sur des contraintes inutiles», se réjouit Catherine Barbaroux. Sur le plan des financements publics, en revanche, «l’amorçage de la Banque publique d’investissement sur notre champ est un peu lent», constate la présidente de l’Adie. L’association s’appuie sur des emprunts auprès de banques privées, -à des taux préférentiels-, ainsi que sur l’épargne salariale solidaire, pour prêter aux porteurs de projets.

Témoignages d’espoir

L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) a accordé 14 600 microcrédits l’an passé.
L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) a accordé 14 600 microcrédits l’an passé.

Plusieurs créateurs d’entreprises accompagnés par l’Adie sont venus témoigner. Le doyen, Nicolas Garry, a eu recours aux services de l’association, il y a 19 ans. Son agence évènementielle pèse aujourd’hui 5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, emploie 16 salariés et fait travailler une cinquantaine d’intermittents du spectacle. Dans la démarche, «le suivi a été important», témoigne l’entrepreneur. Tout d’abord, les conseillers de l’Adie l’ont conduit à redimensionner son projet afin de démarrer avec des hypothèses réalistes. Puis, «pendant deux ans, j’avais un rendez-vous trimestriel. On mettait des chiffres sur une feuille, cela permettait de rectifier le tir», se souvient-il. Autre bénéfice : apprendre à s’y retrouver dans les démarches administratives qu’implique la vie d’une entreprise. Djena Diarra, elle, a commencé à déployer une activité d’onglerie et de tatouage éphémère, il y a quatre ans. Aujourd’hui, elle dispose d’une boutique et effectue des animations pour des sociétés, par exemple les Galeries Lafayette. «Ca marche !», confirme la jeune femme, avec un sourire. Quant à Adel Abderrahim, le benjamin, l’entreprise de nettoyage qu’il a mis sur pied, il y a un an et demi, emploie deux salariés.

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