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Élections municipales

Christine Bertrand, présidente du Medef 54 «Pour un retour aux réalités» «De tous bords, il faut que les candidats aux élections municipales arrêtent leur «guéguerre» politique et reviennent réellement aux réalités des problématiques de terrain. Une chose est certaine, c’est qu’il faudrait que beaucoup plus de chefs d’entreprise s’engagent en politique mais pour cela il […]

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Christine Bertrand, présidente du Medef 54
«Pour un retour aux réalités»

«De tous bords, il faut que les candidats aux élections municipales arrêtent leur «guéguerre» politique et reviennent réellement aux réalités des problématiques de terrain. Une chose est certaine, c’est qu’il faudrait que beaucoup plus de chefs d’entreprise s’engagent en politique mais pour cela il faut du temps et nous avons nos entreprises à faire tourner. C’est aux politiques à prendre leurs responsabilités sur les vrais sujets urgents du moment.» Le Medef national a envoyé à ses organisations territoriales une lettre type à adresser aux candidats où il appelle «à une simplification de l’environnement réglementaire» ou encore «la nécessité de baisser la pression fiscale locale comme nationale.»

Pascal Pinelli, président de la Capeb 54
«Les artisans sont des citoyens électeurs»

«Quatre candidats nous ont reçus en Meurthe-et-Moselle, ils sont beaucoup plus nombreux quand il s’agit des élections législatives. Il est bon de rappeler que les artisans du bâtiment sont des citoyens électeurs. Nous avons édité un livre blanc avec nos préoccupations : faciliter le stationnement, organiser la gestion des déchets de chantier et, mais c’est récurrent, tenter d’éviter la hausse de la fiscalité.»

 
David Lakomski, PDG de Systemics Labs
«Il manque un bon fonds d’amorçage pour les start-up»

«Bien qu’elles prennent plus de risques que les entreprises traditionnelles, les start-up se développent beaucoup plus rapidement et sont un vivier d’emplois. Ce qui manque à Nancy, c’est un bon fonds d’amorçage pour les soutenir. Il y a un gouffre entre ce qu’on nous demande de fournir et la réalité. Un investisseur à qui je reprochais son manque d’accessibilité m’a répondu en substance : «ceux qui arrivent à nous atteindre sont ceux qui valent la peine qu’on les aide». Ce genre de raisonnement augmente l’attractivité du Luxembourg, de l’Alsace ou de Paris ! L’accompagnement spécifique fait également défaut : on ne peut pas être bon dans l’accompagnement de l’innovation radicale, process et marketing, et dans tous les secteurs, même si ceux-ci sont regroupés dans le numérique. Il faut faire intervenir des acteurs extérieurs, notamment pour faire mûrir des projets. Un candidat avec qui je discutais de nos besoins en financement, m’a dirigé vers la Plate-forme d’initiative locale et m’a parlé de sa volonté de faire renaître un fonds d’amorçage semi-public plus abordable. Ce qui peine à être compris en Lorraine, c’est que les porteurs de projets sont les premières ressources à exploiter pour créer de l’activité économique et de l’emploi. Cet axe est fondamental dans toutes stratégies de développement territorial.»

Jacques Touillon, co-fondateur de la start-up Airboxlab
«Comme à Barcelone, mettre l’innovation en effervescence»

«Aussi longtemps que les programmes et les budgets seront établis sur des bases d’équilibre par la subvention, les politiques des villes n’auront rien à voir avec celles des entreprises. Cependant Barcelone a eu une idée intéressante : elle a créé un concours international de start-up. Elle propose à 17 d’entre elles un kit d’accompagnement pour développer leur activité sur le sol espagnol (pas besoin d’y déplacer son siège social, l’ouverture d’une filiale suffit) : conseil, coaching, mentoring, et une aide de 50 000 € pour les plus innovantes. Au lieu de faire une énième plaquette promotionnelle, la ville concentre ainsi une effervescence d’innovation qui lui permet de concurrencer Berlin, Paris ou Londres… Nancy n’est pas Barcelone. Mais à 1h30’ de Paris la ville a des atouts pour se positionner, avec un vivier d’étudiants d’une rare diversité.»

Richard Goldkranz, président du Club TPE 54
«Les TPE n’attendent pas grand-chose»

«Dans l’ensemble les TPE attendent peu de choses de la part des élus locaux. D’une manière générale, les maires et les différents élus n’ont pas vraiment d’incidence sur le monde économique. Il est toujours bon pour nous naturellement de connaître un peu la tendance générale du maire, à savoir s’il est proche de la majorité en place ou non.»

Jean-Pierre Lehmann, président de l’association les Vitrines de Nancy
«Améliorer l’accessibilité aux parkings du centre-ville»

«Il faut améliorer l’accessibilité au centre-ville et notamment aux parkings. Nous avons déjà fait des propositions dans ce sens. Nous voulons rendre les parkings du centre-ville accessibles et moins chers, voire gratuits. Il faut également traiter le problème de la vacance commerciale, et aller chercher de nouvelles enseignes : Apple, Nespresso… Il faut les démarcher, car celles-là ne viennent pas toutes seules !»

Bruno Martin, géographe et co-fondateur de La Poudrière
«Il faut des tiers-lieux et des communautés apprenantes»

«La chaîne locale d’appui à la création d’entreprises peut être plus innovante. Faire un business plan, choisir le statut de son entreprise ou s’informer sur les financements, c’est peut-être trop «old school» ! On a besoin d’expérimentations et d’accompagnateurs qui soient des entrepreneurs. À La Poudrière, nos financements publics sont limités, pourtant nous avons de belles réussites et de nombreux événements autour de l’entrepreneuriat. Nos coworkers nouent des liens, se conseillent et ont parfois des projets ensemble. Entreprendre, c’est d’abord une histoire humaine, les gens ont besoin de «faire société autrement». La nouvelle économie de la création d’entreprise passe par des tiers-lieux comme la Poudrière.»

Laurent Hily, président de la Fédération des auto-entrepreneurs de Lorraine
«Attention à la CFE !»

«La grande inquiétude des auto-entrepreneurs est le montant de la Cotisation foncière des entreprises, à laquelle ils sont assujettis depuis cette année. Le montant de cette taxe, qui n’est pas indexée sur le chiffre d’affaires, est fixé par les communes. La majorité des auto-entrepreneurs sont en activité complémentaire, et génèrent des revenus peu élevés. Nous espérons que les futurs conseils municipaux ne les verront pas comme un moyen de gagner de l’argent !»

Christophe Jacquot, directeur de Gestra à Raon-l’Étape
«Les entrepreneurs ont besoin de dialogue»

«Il faut plus de dialogue entre les élus et les entrepreneurs. Quand vous avez un projet d’agrandissement, la plupart des communes se cachent derrière les lenteurs administratives. Il faudrait que cela change.»

Daniel Cerutti, président de la Fédération BTP 54
«Il faut une véritable feuille de route»

«Les entrepreneurs recherchent aujourd’hui une feuille de route claire. Les futurs élus doivent en tenir compte. Aujourd’hui pour bon nombre d’élus, il n’y a pas de véritable stratégie établie sur le long terme. C’est l’une des raisons aujourd’hui de cette impression grandissante de déphasage entre les politiques et les entrepreneurs. L’important est de préserver le tissu économique local et tout mettre en oeuvre pour que les entreprises perdurent même s’il faut tordre le cou aux réglementations.»

Michaël Zenevre, président de la CGPME Lorraine
«L’économie n’est pas une priorité»

«Dans les principales villes de la région on a l’impression que l’économie n’est pas une priorité. Nous avons appelé nos adhérents à s’engager en se présentant pour qu’enfin on parle réellement d’économie. Pour bon nombre de politiques, ce n’est qu’une infime partie de leur temps. Le développement d’un territoire se doit d’être réalisé avec tous ses acteurs. Prenez l’exemple des dérives en matière de zones commerciales : toutes les communes en veulent une ou plusieurs avec toutes les conséquences pour les commerces de centre-ville, où les infrastructures sont trop onéreuses. À une époque où l’on nous parle de faire des économies à tous les niveaux, la gestion des dépenses communales est une priorité importante, par contre on continue à augmenter les taxes.»


Propos recueillis par lucie.de.gusseme et emmanuel.varrier