Le salon Planète PME

se penche sur les territoires

A ffluence massive et flopée de ministres en visite, au salon professionnel Planète PME, qui se tenait à Paris. Mais la destinée des entreprises se joue sur les territoires, entre révolution numérique et difficultés de financement.

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Les Territoires au cTmur du dernier Salon Planète PME mi-juin à Paris.
Les Territoires au cTmur du dernier Salon Planète PME mi-juin à Paris.
Les Territoires au cTmur du dernier Salon Planète PME mi-juin à Paris.
Les Territoires au cTmur du dernier Salon Planète PME mi-juin à Paris.

Si le projet voit le jour, les chantiers de Saint-Nazaire seront bien occupés. Didier Spade souhaite bâtir un paquebot «France», version XXIe siècle. «Beaucoup de gens verraient bien un nouveau paquebot France parcourir les mers», rêve l’entrepreneur, qui présentait son projet au salon Planète PME, le 19 juin, à Paris, lors d’un débat consacré à la «dynamique territoriale : entrepreneurs, à nous de jouer». Le projet, qui pourrait bénéfcier à l’économie locale, peine pour l’instant à mobiliser des investisseurs français, malgré un marché de la croisière en pleine expansion. Pour démarrer, Didier Spade mise plutôt sur des capitaux étrangers. Pourtant, les banquiers autour de la table affrment leur soutien à l’économie dans les territoires. «Nous sommes des entreprises ancrées dans les territoires. C’est un modèle exigent», explique ainsi Michel Roux, directeur général adjoint chargé du développement à la Banque Populaire. La banque est tenue à s’adapter aux activités spécifques à chaque territoire. Le groupe BPCE lancera, en septembre, un prêt à taux réduit, à destination des PME innovantes, garanti pour moitié par le Fonds européen d’investissement, pour une enveloppe totale de 250 millions d’euros. Les montants prêtés iront de 25 000 à 7 millions d’euros, pour un remboursement entre deux et sept ans.

Spécificités locales et problèmes de financement partagés

Malgré ces dispositifs, en fonction de leur localisation sur le territoire, les entreprises ne bénéfcient pas forcément des mêmes opportunités de développement. C’est l’avis de Jacky Lintignat, directeur général de KPMG. Les territoires «ne sont pas tous au même niveau de modernité», estime le dirigeant, qui pointe une tendance accentuant ce phénomène. «Plus l’entreprise grandit, plus on a tendance à mettre le siège dans une grande métropole», explique Jacky Lintignat, qui note que 42 % des ETI entreprises de taille intermédiaire) ont leur siège en Île-de-France. Or, «le rapport avec le territoire ne va pas être le même», alerte-t-il. Mais sur tout le territoire, «nous sommes dans une période qui ne peut plus être qualifée de crise (…). N’attendons pas une sortie de crise. Nous avons la chance d’avoir une création dynamique d’entreprise, plus forte que dans les pays qui nous entourent», analyse Jacky Lintignat. Pour lui, le vrai souci partagé par les territoires, c’est «un problème de croissance» : le plafond de verre contre lequel butent les PME qui ne parviennent pas à passer au stade d’ETI. Dans cette logique, l’un des obstacles auxquels se heurtent les entreprises réside dans la révolution numérique. Pour Laurent Solly, directeur général de Facebook France, «tous les chefs d’entreprise sont confrontés à la révolution industrielle du digital, que l’on ne peut pas ignorer. La transformation digitale est stratégique pour toutes les entreprises, sur tous les territoires». Et pour lui, «ce qui est vraiment coûteux, c’est de ne pas y aller». Or, «la révolution nu- mérique a un impact fort sur les problématiques du fnancement. L’investissement immatériel est plus diffcile à fnancer que l’investissement matériel, car il n’y a pas de garanties», complète Joël Darnaud. BPIfrance a mis en place des dispositifs de fnancement pour ces projets, sur sept ans, sans garanties «ni sur l’entreprise, ni sur le chef d’entreprise, ce qui permet de se lancer dans ces investissements qui sont absolument nécessaires», explique Joël Darnaud. Las, «aujourd’hui, le fnancement de l’investissement est atone. Les encours des crédits restent stables, malgré la légère reprise des derniers mois», constate Michel Roux. «En France, on dépend beaucoup du fnancement des banques. On mobilise l’épargne, mais on n’arrive pas à l’orienter. Aujourd’hui, la diffculté, c’est qu’en arrivant à des taux d’endettement élevés, on perd l’envie d’investir», explique Jacky Lintignat, qui note une tendance à «l’autolimitation des investissements chez les chefs d’entreprise». Pour lui, «il faut être capable d’équilibrer les sources de fnancement et de réféchir à des alternatives comme l’ouverture du capital, qui n’est pas une habitude courante en France».