Travaux Publics :

la récession guette en Lorraine

La sirène d’alarme est plus que tirée du côté de la Fédération régionale des Travaux Publics (FRTP) de Lorraine. Face à la disette budgétaire engagée, contrainte et forcée, par l’ensemble des collectivités territoriales, les professionnels des TP sont à deux doigts d’entrer en phase de récession. Plusieurs centaines d’emplois seraient aujourd’hui menacés dans le secteur en Lorraine.

Un emploi sur cinq pourrait être détruit dans le secteur des Travaux Publics. Plus d’une centaine pourrait disparaître en Lorraine.
Un emploi sur cinq pourrait être détruit dans le secteur des Travaux Publics. Plus d’une centaine pourrait disparaître en Lorraine.
Un emploi sur cinq pourrait être détruit dans le secteur des Travaux Publics. Plus d’une centaine pourrait disparaître en Lorraine.
Un emploi sur cinq pourrait être détruit dans le secteur des Travaux Publics. Plus d’une centaine pourrait disparaître en Lorraine.

Quand le Bâtiment va mal, c’est déjà mauvais signe (voir encadré) mais quand les cousins des Travaux Publics (TP) sont eux aussi dans la tourmente conjoncturelle, c’est un double signal d’alerte plus qu’inquiétant. «Nos entreprises de TP vivent à plus de 70 % de la commande publique, or l’immobilisme actuel en termes d’entretien et d’investissement pour les infrastructures, pèse lourdement sur l’activité (…). En l’absence de mesures correctrices, volontaristes et urgentes, le constat partagé par les partenaires sociaux des TP, est que le secteur entre durablement en récession et c’est un emploi sur cinq qui va disparaître», assure la Fédération régionale des Travaux Publics (FRTP) Lorraine. Histoire de comprendre les maux qui touchent la profession, la Fédération a rencontré pendant le mois de juin bon nombre de responsables et décideurs des principales collectivités territoriales régionales.

Disette budgétaire
De Patrick Weiten, le président du Conseil général de la Moselle, ses homologues Mathieu Klein pour la Meurthe-et-Moselle et Christian Poncelet pour les Vosges, en passant par Jean-Pierre Masseret, le président du Conseil régional ou encore les préfets meurthe-et-mosellan, meusien et vosgien (Raphaël Bartolt, Isabelle Dilhac et Gilbert Payet), Patrice Haltebourg, le président de la FRTP Lorraine «s’alarme encore plus de la gravité de la situation économique et sociale de ces donneurs d’ordre et du secteur des TP lui-même.» La disette budgétaire annoncée par les collectivités territoriales, suite à la baisse de 12,5 milliards d’euros des dotations de l’État aux collectivités dans le cadre du plan de rigueur budgétaire, est plus qu’inquiétante pour la profession. «Les collectivités locales lorraines ont été victimes de coupes sombres dans les dotations reçues de l’État, sans qu’aucun mécanisme ne soit prévu pour que l’investissement local ne fasse pas les frais de cette mesure.» 10 700 personnes (hors intérim) travaillent dans le secteur des Travaux Publics en Lorraine. Si la situation actuelle perdure, «plus d’une centaine d’emplois vont disparaître dans la région.» Question plus que légitime de la part des instances de la FRTP régionale : à quand un véritable plan de relance du secteur ? une interrogation qui se pose également pour le secteur cousin du Bâtiment…

Bâtiment : même son de cloche…
«La lecture des informations sur les permis de construire et les mises en chantier donnent le sentiment d’être au bord d’un précipice, avant une irrémédiable et brutale chute de l’activité», dixit Jacques Chanut, le président national de la Fédération française du Bâtiment fin juin. Même inquiétude pour son homologue de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), Patrick Liébus, à la mi-juillet : «notre activité poursuit sa baisse ininterrompue depuis deux ans. Dans ce contexte, les mesures pour soutenir la construction et la rénovation annoncées par le gouvernement sont une question de survie pour redresser le secteur.» À l’instar de leurs cousins des Travaux Publics (voir article principal), le Bâtiment est en souffrance. Si certaines mesures gouvernementales devraient amortir le choc, la zone danger se rapproche inexorablement.