Syndièse : la reconquête industrielle

Portée par le CEA, la plateforme technologique de prétraitement de la biomasse a été officiellement inaugurée le 6 octobre sur la zone interdépartementale de Bure-Saudron, en présence de Bernard Bigot, l’administrateur général, des élus et des représentants de l’État de Meuse et de Haute-Marne.

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Bernard Bigot, l’administrateur général du CEA est revenu sur la genèse du projet Syndièse devant les élus et les acteurs économiques meusiens et haut-marnais.
Bernard Bigot, l’administrateur général du CEA est revenu sur la genèse du projet Syndièse devant les élus et les acteurs économiques meusiens et haut-marnais.

À l’heure où la transition énergétique est au cœur des débats en France, l’inauguration de la plateforme technologique de prétraitement de la biomasse à Bure-Saudron pourrait bien renforcer l’attractivité industrielle de la Meuse et de la haute-Marne. C’est en tout cas l’ambition de ces deux territoires, qui ont accepté la présence, sur leur sol, du laboratoire souterrain de recherche sur la gestion des déchets nucléaires de Bure. C’est d’ailleurs pour cette raison que le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) s’est engagé en respectant la loi de 2006, qui exige un accompagnement économique de la Meuse et de la haute-Marne par les acteurs de la filière nucléaire. Bernard Bigot, l’administrateur général du CEA est revenu sur le «parcours jalonné de difficultés du projet Syndièse», qui vise à construire un démonstrateur BTL (Biomass to Liquid) de production de biocarburants de 2ème génération. Engagé depuis plusieurs années, le CEA a dû trouver des solutions après la liquidation judiciaire de l’entreprise allemande Chorem, qui devait apporter sa compétence pour la gazéification. Au final, c’est Air Liquide qui rejoint, en décembre 2012, cette aventure industrielle. Après avoir testé le procédé en laboratoire du côté de Grenoble, le CEA a investi dans une plateforme de prétraitement, désormais totalement opérationnelle.

Unité de gazéification

Cet outil doit permettre aux équipes de recherche et développement du CEA de disposer d’équipement de taille pré-industrielle dans le domaine du broyage. Pour sa réalisation, les deux départements via leur GIP (Groupement d’Intérêt Public) et l’État ont apporté leur contribution financière. Si cette inauguration représente une étape majeure dans ce dossier, «l’engagement du CEA ne s’arrête pas là, mais s’inscrit dans la durée», a rappelé Bernard Bigot au plus grand bonheur des présidents des conseils généraux de Meuse et de haute- Marne. Pionnière en France, cette unité pilote a la lourde tâche de relever le défi du prétraitement de biomasse. Une fois la démonstration avérée, le deuxième jalon sera posé autour de la construction d’une unité de gazéification. À terme, l’objectif est de convertir 75 000 tonnes/an de biomasse sèche issue des ressources locales forestières en biocarburant. Venus en nombre, les élus et les acteurs économiques meusiens et haut-marnais rêvent en un avenir meilleur pour leur territoire avec une seule ambition : la reconquête industrielle.

Le CEA et Carbo France : le partenariat technologique

Le transfert technologique avec les entreprises locales fait également partie des priorités du CEA. La preuve avec la signature d’un accord entre Bernard Bigot et Nadège Simon la gérante de Carbo France, spécialisée dans la fabrication de charbon de bois à Montiers-sur-Saulx. Depuis plusieurs années, la société meusienne travaille sur la création d’un prototype de four de carbonisation afin de réduire l’utilisation de matière première, en l’occurrence du bois. Concrètement, des réunions sont organisées avec les experts du CEA, qui s’est engagé à trouver des solutions en livrant des briques technologiques. «Il s’agit d’un tournant indispensable et d’une opportunité pour l’entreprise. On souhaite valider le prototype dans les prochains mois pour ensuite s’engager dans l’industrialisation dans les prochaines années», confie Nadège Simon, la gérante de Carbo France.