Edito:

Toussaint… pour ça

À quels saints se vouer ? Vu l’époque la question est loin d’être anodine et vu l’ambiance, il serait bien d’aller brûler quelques cierges histoire de tenter de croire aux miracles des réformes annoncées. Chance, le calendrier liturgique nous donne l’occasion d’y croire et tout un chacun va pouvoir se vouer à tous les saints […]

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À quels saints se vouer ? Vu l’époque la question est loin d’être anodine et vu l’ambiance, il serait bien d’aller brûler quelques cierges histoire de tenter de croire aux miracles des réformes annoncées. Chance, le calendrier liturgique nous donne l’occasion d’y croire et tout un chacun va pouvoir se vouer à tous les saints en puissance car la fameuse Toussaint est célébrée le 1er novembre (bien que, le jour des défunts soit le 2…) avec son cortège, non pas macabre mais commercial du marché funéraire. «Promotion Spécial Toussaint» peut-on lire sur certaines enseignes de distribution de ce secteur, l’un des rares à être (encore) en bonne santé car c’est un fait le marché de la mort est bien en vie. 3 000 entreprises, pas loin de 30 000 salariés, un CA de 1,6 milliard d’euros pour les seules activités funéraires à en croire les chiffres divulgués par la Chambre syndicale nationale des arts funéraires…il frôlerait les 5 milliards si l’on y ajoute les produits dérivés, un poids économique indéniable. Produit phare, produit star dans les jours à venir : le chrysanthème. Il va refleurir un peu partout et redonner le sourire à votre fleuriste. 22,7 millions de ces (jolies ?) fleurs sont produites chaque année sur le marché national. Un peu logique, bon nombre de nos concitoyens vont aller se recueillir sur la tombe de leurs défunts et c’est bien connu le langage des fleurs n’a pas son pareil. «La mémoire est la reconnaissance du cœur» écrivait justement Hans Christian Andersen. De là à en faire une activité mercantile il n’y a qu’un pas… franchi depuis longtemps. Il n’y a pas à dire, à quels saints se vouer aujourd’hui ?