Santé

Harmonic Pharma : une start-up de «bons pères de famille»

Stéréotype parfait de la startup innovante issue de la recherche médicale que tout le monde s’arrache pour prôner la réussite entrepreneuriale à la sauce lorraine et souvent pour récupérer son aura médiatique et communicatif derrière ses réussites indiscutables reconnues internationalement dans l’univers de la santé, notamment celui du traitement des cancers. Harmonic Pharma toujours hébergée au sein du Loria (Laboratoire de recherche en informatique et ses applications) et l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) à Villers-lès-Nancy s’affiche comme une entreprise gérée en «bon père de famille» par un trio complémentaire et solidaire (Stéphane Gégout, Michel Souchet et Arnaud Sinan Karaboga) entouré d’experts extérieurs de renommée mondiale.

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Stéphane Gégout, Arnaud Sinan Karaboga et Michel Souchet, le trio géniteur d’Harmonic Pharma: «Dans l’univers pharmaceutique, l’innovation passe par les PME»
Stéphane Gégout, Arnaud Sinan Karaboga et Michel Souchet, le trio géniteur d’Harmonic Pharma: «Dans l’univers pharmaceutique, l’innovation passe par les PME»
Stéphane Gégout, Arnaud Sinan Karaboga et Michel Souchet, le trio géniteur d’Harmonic Pharma: «Dans l’univers pharmaceutique, l’innovation passe par les PME»
Stéphane Gégout, Arnaud Sinan Karaboga et Michel Souchet, le trio géniteur d’Harmonic Pharma: «Dans l’univers pharmaceutique, l’innovation passe par les PME»

Investir (que) 2,5 millions d’euros, quand d’autres en mettent dix fois plus, et voir ses produits en application clinique, c’est rare, très rare dans l’univers de la santé et la nébuleuse pharmaceutique. Rare tout comme la société nancéienne Harmonic Pharma, une start-up de la planète Santé mais «gérée en bon père de famille», assurent à l’unisson Stéphane Gégout, Michel Souchet et Arnaud Sinan Karaboga, les trois papas géniteurs de cette pépite lorraine comme certaines strates de l’univers entrepreneurial adorent les appeler, une «success-story» comme les aiment les financiers et développeurs d’affaires (toujours beaucoup plus nombreux dès que la machine est en bonne marche). «Bon père de famille», voire même presque BSP pour «Bon sens paysan», des terminologies presque aux antipodes de l’image surfaite et stéréotypée de la galaxie des start-up trop souvent méconnue mais qui, il faut bien l’avouer, joue également de cette opacité attractive et captivante mêlant recherche, business plan et stratégie commerciale.

Avec l’Institut Curie

Plantés sur les hauteurs du Loria (Laboratoire de recherche en informatique et ses applications) et de l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) dans le campus Sciences de Villers-lès-Nancy, le trio fondateur épaulé par une poignée d’experts au rayonnement international, véritables pointures de haut vol dans leur domaine spécifique de l’oncologie ou encore des pathologies inflammatoires et infectieuses, s’affiche comme de véritables limiers du repositionnement thérapeutique pour offrir de nouvelles applications médicales aux molécules connues pour bien être tolérées chez l’homme. En clair : aboutir à élaborer des traitements nouveaux pour des pathologies existantes. Michel Souchet et Arnaud Sinan Karaboga, directeurs scientifiques du trio, ont ainsi la reconnaissance de l’Institut Curie. «Notre collaboration avec l’Institut nous a conduit à repositionner deux molécules dans les cancers du poumon et du mélanome de l’œil. Ces molécules ont été brevetées dans leurs nouvelles indications thérapeutiques et vont pouvoir entrer rapidement en développement clinique.» D’autres cibles pathologiques sont en ligne de mire d’Harmonic Pharma et il est certain que leur approche, attise les mastodontes de l’univers pharmaceutique et médical. Face à cet intérêt incontestable, le trio reste droit dans ses bottes et garde le contrôle de son savoir-faire «L’industrie pharmaceutique est bloquée aujourd’hui, l’innovation vient de petites entreprises car l’élaboration d’un traitement demande un investissement énorme en interne pour un groupe», assure Stéphane Gégout. Une petite entreprise qui ne semble pas vouloir devenir grande, trop grande. «Au total aujourd’hui nous sommes sept et à terme nous serons dix maximum mais que des pointures dans leur domaine.» Une taille appropriée et une approche de marché, non pas purement commerciale mais avec une éthique affichée dans l’intérêt de trouver des solutions thérapeutiques à des coûts maîtrisés bien loin des véritables bulles spéculatives présentes aujourd’hui dans cet univers. De quoi faire la différence sur un marché mondial de la pharmacie estimé aujourd’hui à près de mille milliards de dollars…

Une «pépite» bien suivie…
L’innovation, c’est bien ! L’innovation quand cela fonctionne et que cela peut permettre d’engendrer de l’activité économique, c’est mieux ! BPI France et la Région Lorraine ne s’y sont pas trompées en épaulant et accompagnant Harmonic Pharma dans son développement, un peu logique quand on soutient la recherche et l’innovation. Cette année, la société a obtenu une nouvelle étape de financement auprès de la Région Lorraine et de BPI France pour préparer les phases cliniques précoces chez l’homme pour deux molécules phares.