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Les discriminations en entreprise évoluent

Être obèse, femme ou arborer des signes distinctifs religieux…de quoi entraver une carrière professionnelle ? Présentation du baromètre de perception de l’égalité des chances en entreprise et témoignages de difficultés à mettre en place des politiques de la diversité, au Medef.

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L’évolution des discriminations en entreprise est une réalité.
L’évolution des discriminations en entreprise est une réalité.
L’évolution des discriminations en entreprise est une réalité.
L’évolution des discriminations en entreprise est une réalité.

La diversité et l’égalité des chances en entreprise figurent parmi les sujets jugés importants par les salariés, derrière l’équilibre vie privée/ vie professionnelle et la santé et la sécurité au travail, d’après la 3ème vague du baromètre de perception de l’égalité des chances en entreprise réalisée par TNS Sofres. Celle-ci a été présentée par la commission «richesse des diversités» du Medef, lors d’une conférence de presse, à Paris, le 8 octobre. Plusieurs représentants d’entreprises apportaient, à cette occasion, leur témoignage sur les difficultés à mettre en œuvre des politiques en la matière. Car, d’après le baromètre, il existe un écart de 20 points environ entre l’importance accordée à ces sujets par les salariés, et le niveau d’engagement qu’ils décèlent dans leur entreprise. «On peut l’interpréter comme une attente», juge Emmanuel Rivière, représentant de TNS Sofres. Et de fait, même chez les sociétés pionnières, qui ont mis en place des politiques, les résultats sont longs et complexes à obtenir. Chez Randstad (intérim), sur l’égalité homme/femme, par exemple, «on est probablement l’entreprise qui a été le plus loin sur ces questions», juge Abdel Aïssou, directeur général de la société. Pourtant, «après sept ans, on a énormément de femmes numéro 2. Pour les numéros 1, cela reste compliqué. J’ai monté le plafond de verre. C’est déjà bien, mais nous avons encore des progrès à faire», témoigne le dirigeant. Autre expérience, celle du groupe Pierre & Vacances, Center Parcs. «On a un comité exécutif mixte (…) mais on est en retard pour descendre plus bas, la hiérarchie est complexe», témoigne Françoise Gri, directrice générale du groupe. Exemple : deux femmes seulement sont général manager sur 25 Center Parcs. «Pour attaquer le milieu, c’est plus compliqué, il faut structurer l’approche, se poser la question de la gestion des talents», analyse-t-elle. Mais de toute façon, la gestion des diversités représente une nécessité, témoigne Accenture (conseil en management, technologies et externalisation), engagé en ce sens depuis une quinzaine d’années. «Aujourd’hui, ce sont les managers intermédiaires qui nous poussent, car ils sont confrontés à ces situations, par exemple, sur le fait religieux», explique Christian Nibourel, président d’Accenture France Bénélux.

De la religion et de l’apparence

Bonne nouvelle, parmi les tendances mesurées par le baromètre, celui-ci enregistre une baisse du sentiment de pouvoir être soi-même victime de discrimination, au sein de son entreprise, par rapport à l’an dernier. 64 % des répondants se sentent tranquilles à ce sujet, par rapport à 61 % en 2013. En revanche, «ce qui persiste, c’est une différence significative entre hommes et femmes», note Emmanuel Rivière. 40 % d’entre elles jugent être en situation d’être discriminées, contre 32 % des hommes… Et d’autres indicateurs du baromètre indiquent que «ce n’est pas la question des genres, c’est la mère en puissance qui est discriminée», précise Emmanuel Rivière. Par ailleurs, la liste est longue des sujets qui peuvent devenir des motifs de discrimination, comme l’âge, le niveau ou le type de diplôme, le lieu d’habitation, des activités syndicales… Quant à une personne qui affiche son appartenance religieuse, elle risque fort de rencontrer des problèmes spécifiques pour être recrutée, mais ce sujet est vu comme une question tout à fait secondaire par les interviewés. «Il y a une crispation de la société française sur le sujet qui le rend difficile à appréhender», estime Emmanuel Rivière. «C’est peut être le sujet le plus difficile à traiter», confirme Christian Nibourel. Une autre montée en puissance : celui de la discrimination liée à l’apparence physique, laquelle devient un enjeu, y compris pour des postes en back office. Look, beauté, poids, couleur de peau… deviennent des éléments jugés de plus en plus importants par les interviewés pour entrer et réussir dans son entreprise.