Artisanat

Droit dans ses bottes

À la tête d’une cordonnerie pas comme les autres à Bar-le-Duc, Bruno Amicone a choisi de privilégier les vieux outils et la qualité de la matière première pour les créations et les réparations. Ce niveau d’exigence lui permet aujourd’hui de se développer et d’être reconnu.

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Les créations de ceintures Noémi Liberti Paris font la fierté de Bruno Amicone, installé à Bar-le-Duc.
Les créations de ceintures Noémi Liberti Paris font la fierté de Bruno Amicone, installé à Bar-le-Duc.
Les créations de ceintures Noémi Liberti Paris font la fierté de Bruno Amicone, installé à Bar-le-Duc.
Les créations de ceintures Noémi Liberti Paris font la fierté de Bruno Amicone, installé à Bar-le-Duc.

En franchissant le pas de la porte de la cordonnerie Au Petit Romans, les nouveaux clients peuvent être surpris par la décoration particulièrement soignée de la boutique, qui respire le haut de gamme. C’est le choix de Bruno Amicone, qui est sorti diplômé en 2009 de l’école de Romans-sur-Isère, véritable berceau de la chaussure de luxe. Il n’était pas question pour lui d’accueillir sa clientèle dans un atelier négligé ou poussiéreux. Le moindre aménagement a donc été particulièrement réfléchi et soigné. Installé depuis 2009 à Bar-le-Duc d’abord en location, cet artisan a acheté en 2011 un bâtiment au cœur du quartier Notre-Dame. «Tout est arrivé très vite», reconnaît-il. Sa progression a été saluée en 2012 par le prix Initiative Lorraine remis par la CCI, récompensant la hausse de son chiffre d’affaires, qui a été multiplié par trois en moins de trois ans. Cette progression ne doit toutefois rien au hasard, mais couronne les efforts consentis par ce professionnel exigeant, qui évoque son obsession du travail bien fait. «Lorsque l’on a fréquenté Romanssur-Isère, il faut représenter la capitale de la chaussure de luxe en maîtrisant les techniques mais aussi en sélectionnant des matières premières de qualité et en visitant les tanneries», explique ce spécialiste qui est capable de créer une chaussure sur mesure. Dans son atelier, ce n’est pas la peine de chercher un cutter, seuls les outils d’antan sont répertoriés pour celui, qui défend ardemment «le travail à la main». D’ailleurs ses clients ne s’y sont pas trompés. Certains viennent de Nancy, Reims et même Lille ou encore le Luxembourg. Le bouche- à-oreille couronne un parcours d’excellence pour celui qui en 2010 a souhaité participer au prestigieux concours du Meilleur ouvrier de France dans la catégorie bottier homme. En Lorraine, il est actuellement le seul à avoir obtenu l’agrément Paraboot.

Diversification

Et pour ne pas avoir les deux pieds dans un seul soulier, le cordonnier a opté pour la diversification en rachetant en 2012 la confection de ceintures Noémi Liberti à Lyon. Il a immédiatement transféré l’activité, les stocks et les machines à Bar-le-Duc avec la volonté de sublimer les produits et de soigner plus particulièrement les finitions. Dans sa boutique, des consommables faits main en cuir sont abordables à moins de 50 euros. «De nombreuses personnes seraient surprises si elles osaient rentrer. Le problème est qu’elles pensent que parce que les produits sont fabriqués à la main et en cuir, c’est inabordable, alors que ce n’est pas le cas», confie le créateur. Quant aux modèles personnalisés voire uniques, ils sont plus chers avec un prix, qui dépend évidemment de la matière première. En juin dernier, le cordonnier barisien a été choisi comme étant le coup de cœur dans la catégorie dynamique commerciale des trophées Stars & Métiers de l’artisanat organisés par la Banque Populaire Lorraine-Champagne. Lui, avoue modestement être très surpris par ce prix. Et pourtant, en recherche perpétuelle de nouveautés, il lancera officiellement en avril prochain une nouvelle marque de ceintures pour hommes à l’occasion du salon de la mode, qui aura lieu à Bar-le-Duc. Fort d’un carnet de commandes bien fourni, il souhaite recruter en 2015 un compagnon afin de l’épauler et lui transmettre son amour du cuir.