Mercerie

Audrey Wafflard du vert au fil

À Lunéville, Audrey Wafflard gère une mercerie nouvelle génération. Itinéraire peu commun d’une passionnée de couture devenue sa propre patronne.

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Gérante de Coccifil, Audrey Waffard donne une nouvelle jeunesse à l’activité de mercière.
Gérante de Coccifil, Audrey Waffard donne une nouvelle jeunesse à l’activité de mercière.
Gérante de Coccifil, Audrey Waffard donne une nouvelle jeunesse à l’activité de mercière.
Gérante de Coccifil, Audrey Waffard donne une nouvelle jeunesse à l’activité de mercière.

Au 14 rue du général Leclerc à Lunéville, on pousse la porte d’un magasin où l’on trouve des aiguilles à couture, pelotes de laine, fermetures éclair, boutons, bouts de fl… Pas de doute possible, nous sommes bien dans une mercerie. Le décorum est coquet, bien agencé et résolument moderne. C’est loin de l’image d’Épinal que l’on se fait de ce type d’échoppe, matériel rangé dans les tiroirs, et un tantinet vieillot. L’ensemble est agrémenté de quelques représentations de moutons cotonneux et de coccinelles semblant se reposer. Un sourire accueille le visiteur. Celui d’Audrey Waffard, la gérante de «Coccifil». Elle a ouvert il y a deux ans cette boutique au cœur de la cité cavalière. Parcours peu banal que celui de cette Vosgienne de naissance. Tout commence de manière classique. Un cursus d’études dans le domaine de l’horticulture à l’école de Roville-aux-Chênes suivi d’un bail de treize ans comme technico-commerciale à la rencontre des professionnels du secteur. Évoquant cette période, elle note : «Je me déplaçais sur toute la Lorraine, c’est-à dire que je parcourais 300 kilomètres par jour.» Puis c’est le licenciement économique. Il lui faut rebondir. Un bilan de compétences permet de faire un checkup sur ses savoirs, ses points perfectibles et sur la voie qu’elle entend donner à sa carrière. Pour elle, c’est clair : «Vraiment, je voulais tourner la page définitivement. Aller vers quelque chose où je m’épanouirais.» Ce quelque chose la ramène à une passion d’enfance : la couture. Amusée, Audrey Waffard se rappelle ses prédispositions : «J’ai toujours aimé coudre, créer des habits. Petite, je déréglais souvent la machine de ma mère ! Plus tard, j’ai œuvré dans une association.»

Un concept moderne

Cette marotte va devenir son nouveau métier. Pour l’heure, elle pense davantage à un projet en rapport avec les robes de mariée. Puis tout bascule : «J’ai appris qu’une mercerie fermait à Lunéville. J’ai pris tout de suite contact avec sa propriétaire.» Elle emprunte le long tunnel des démarches de création de société : «Le soutien des proches est essentiel dans ce processus. Alexis Lorraine a aussi été d’un apport décisif.» Au printemps 2013, le dossier est bouclé. Il a su convaincre par sa crédibilité. Reste à trouver un local adapté au concept d’une mercerie à l’atmosphère branchée. Un entretien avec un assureur sert de déclic. Un espace est libre rue général Leclerc. C’est là que depuis le 3 septembre 2013, «Coccifil » a pignon sur rue. La clientèle est multi-générationnelle, dépassant le périmètre lunévillois, venant de Dombasle, Château-Salins, Rosières-aux-Salines. La mercière autodidacte précise quelques accents de sa philosophie d’entreprise : «C’est un vrai commerce de proximité. Les clients peuvent demander conseils et toucher les produits. La marchandise vient de France et d’Europe.» Le style décalé et revendiqué séduit tout autant. Outre l’aspect vente, Audrey Waffard anime dans ses locaux des ateliers de perfectionnement en tricot pour adultes et enfants. L’an passé, elle a reçu le trophée Trajectoires pour sa réussite. Ses projets sont bien balisés : «Passer le cap des trois ans, embaucher, vendre du tissu.» Elle continue par ailleurs à arpenter salons et brocantes pour se faire mieux connaître. Au fait, pourquoi «Coccifil » ? L’intéressée n’hésite pas une seconde : «Tout simplement, parce que j’adore les coccinelles ! C’est sympa une coccinelle, non ?»