Création d’entreprise

66 % des dirigeants parviennent à souffler leur troisième bougie après la création d’entreprise. Seul un sur deux dépassera le cap des cinq ans. La question se pose donc de savoir quels sont les facteurs qui ont permis à certains de ces créateurs de perdurer.

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66 % des dirigeants parviennent à souffler leur troisième bougie après la création d’entreprise. Seul un sur deux dépassera le cap des cinq ans.
66 % des dirigeants parviennent à souffler leur troisième bougie après la création d’entreprise. Seul un sur deux dépassera le cap des cinq ans.

Les règles d’or pour créer et passer sereinement le cap des trois ans

66 % des dirigeants parviennent à souffler leur troisième bougie après la création d’entreprise. Seul un sur deux dépassera le cap des cinq ans.
66 % des dirigeants parviennent à souffler leur troisième bougie après la création d’entreprise. Seul un sur deux dépassera le cap des cinq ans.

L’un des premiers facteurs de réussite réside dans l’expérience du dirigeant. Avoir une bonne connaissance métier et du marché est un atout incontestable. Au-delà de l’expérience métier, les diplômés de l’enseignement supérieur qui représentent environ 30 % des créateurs sont près de 60 % à passer le cap des cinq ans. Le profil du dirigeant sera un élément fondamental dans la conviction du banquier chargé du financement. Les entrepreneurs qui ont déjà dirigé une entreprise connaissent un taux de pérennité élevé (plus de 70 %). À ce stade on voit bien que l’âge, le niveau de formation initiale, l’expérience professionnelle constituent les facteurs déterminants de la personnalité du créateur. Il serait donc faux de considérer qu’aujourd’hui les critères financiers priment sur les facteurs humains même s’ils en constituent un rouage essentiel. Choisir un secteur d’activité difficile d’accès est également gage de réussite. C’est également le cas des niches de marché. On peut en déduire de façon logique que la concurrence est plus féroce dans les secteurs les plus accessibles. Partir seul constitue souvent une erreur. Les taux de réussite sont bien plus élevés si le créateur fait appel aux réseaux. Les chaînes d’accompagnement qui assurent un soutien en amont du projet de création engendrent de par le travail d’étude préalable et par la mise de place de réseaux des facteurs de succès supplémentaires. On constate également que plus l’investissement initial est important plus le taux de réussite est élevé. Au lieu de faire un raccourci entre le montant de l’investissement et la réussite du projet il me paraît préférable de mettre en avant le fait qu’un projet d’investissements significatif nécessite une préparation plus fouillée.

Business model validé

Le créateur doit avoir une excellente connaissance de son marché, de la concurrence, mettre au point un business model validé avec ses conseils. Le plan d’affaires (business plan) permettra de vérifier la rentabilité du projet, l’écart de faisabilité en mesurant la marge d’erreur acceptable. Saisonnalité, besoin en fonds de roulement, pointes de trésorerie sont autant d’éléments que le créateur doit connaître ce qui sous-entend qu’il doit être formé sur ces sujets et conseillé. Le chef d’entreprise doit aussi avoir un vrai sens de l’organisation. Le pilotage quotidien de l’entreprise : facturer et encaisser, suivre ses marges, sa rentabilité vérifier que l’on colle bien aux objectifs que l’on s’était fixés permet de réagir vite et constitue de facto une condition majeure permettant de passer le cap des trois ans. Aujourd’hui 60 % des chefs d’entreprise ne connaissent pas ou ne suivent pas de tableau de bord mensuel ou trimestriel, ce qui constitue une grave erreur. Je ne peux que pousser ces créateurs à s’armer d’un tableau de bord synthétique mais efficace. La comptabilité permet de comprendre ce qui s’est passé la gestion permet de conduire l’action. En résumé devenir chef d’entreprise ne s’improvise pas. Partir avec des atouts culturels tels que l’expérience professionnelle, la formation initiale ou la connaissance du métier ne sont pas suffisants. La complexité de la mise en perspective des paramètres impose d’être conseillé et accompagné. Nombre de créateurs sont insuffisamment accompagnés au motif que cela a un coût. J’aimerais rappeler que la profession d’expert-comptable a initié le dispositif «créer, accompagner» qui permet de bénéficier gracieusement d’heures de conseil auprès d’une centaine de professionnels lorrains volontaires.

jacques philippe.chevalier
Expert-comptable associé
Yzico conseil & expertise