Edito

Écran total… de fumée

Le tabac tue, c’est bien connu et c’est loin d’être nouveau même si tout un pan de la société a fermé les yeux (et continue d’ailleurs), aveuglé par des écrans de fumée bien maîtrisés en leur temps. Vapoter, via les cigarettes électroniques, ne tue pas encore ! Le commerce du vapotage, encore en vogue l’an […]

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Le tabac tue, c’est bien connu et c’est loin d’être nouveau même si tout un pan de la société a fermé les yeux (et continue d’ailleurs), aveuglé par des écrans de fumée bien maîtrisés en leur temps. Vapoter, via les cigarettes électroniques, ne tue pas encore ! Le commerce du vapotage, encore en vogue l’an passé, se décime déjà en raison de l’effondrement moyen des ventes de 30 %. Ce sont près de 500 fermetures de ces boutiques spécialisées qui sont attendues cette année du fait de l’arrivée à maturité du marché. Ce qui apparaît moins mature, c’est ce que vient de se prendre en pleine face la confrérie des buralistes avec l’annonce de l’arrivée du paquet neutre à l’horizon de mai 2016. La mort annoncée pour bon nombre d’entre eux que cet amendement au projet de loi sur la santé, adopté la veille du week-end de Pâques. Gentiment pris pour des cloches, l’armée des buralistes n’a pas fini de tousser mais elle est remontée à bloc sur ce qui, pour eux, ne relève plus d’une simple bataille légitime pour la santé publique, mais d’une attaque directe envers leur profession. Les buralistes, qui ne sont que des distributeurs de la «sister nicotine», goudronnée à souhait, régulée et taxée par l’État, se sentent tout simplement pestiférés. Des actions chocs sont programmées de la part de certaines fédérations départementales pour démontrer que bon nombre de ces professionnels n’ont plus rien à perdre. Sur le sujet du tabac, comme sur d’autres substances et produits, il faudrait peut-être arrêter l’hypocrisie régnante, histoire d’éviter ces guerres de tranchées stériles. Ces batailles rangées ne cessent de creuser un peu plus le fossé entre le monde réel et les élites politiciennes parisiennes.