Les modes de paiements font leur révolution

Payer via un simple tweet ? C’est déjà possible. Une nouvelle révolution des paiements s’amorce, qui accompagne l’évolution de nos modes de consommation et rebat les cartes du système actuel. Le point avec le «Café des techniques», à l’occasion d’une exposition sur la carte à puce, organisée par le Conservatoire national des arts et métiers.

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Une nouvelle révolution des modes de paiement est en marche…
Une nouvelle révolution des modes de paiement est en marche…
Une nouvelle révolution des modes de paiement est en marche…
Une nouvelle révolution des modes de paiement est en marche…

Utiliser son smartphone pour payer, voire, avec des données biométriques… Aujourd’hui, une vague de modes de paiement arrive avec des cartes sans contact, les smarphones, la biométrie, les SMS, les tweets Elles modifient un contexte stable dans lequel la carte de paiement, dont l’usage s’est répandu dans les années 70, est installée dans le quotidien des Français : elle constitue aujourd’hui leur deuxième moyen de paiement favori, derrière le liquide. Mais parmi les nouveautés qui émergent, toutes ne connaîtront pas le succès de la carte bancaire. Petite revue des possibilités et des enjeux portés par ces nouveaux moyens de paiement, lors d’un «Café des techniques», intitulé «De la carte au paiement dématérialisé, comment sécuriser notre argent ?» qui s’est déroulé à Paris, le 17 septembre. C’était à l’occasion de l’exposition consacrée à la carte à puce qui se tient au Musée des arts et métiers du CNAM, jusqu’au 3 janvier prochain. «Depuis trois ans, le monde du paiement est entré en effervescence. On nous annonce tous les jours une innovation dont nous avons souvent du mal à mesurer la portée», témoigne Nicolas Chatillon directeur du développement de la BPCE, groupe bancaire. Pour lui, trois conditions sont indispensables pour qu’une innovation devienne un moyen de paiement de demain : la simplicité, la facilité d’utilisation et la sécurité. Et parmi les solutions que l’établissement a soumis à l’appétence des utilisateurs, figure le paiement par un simple tweet. L’intérêt ? Par exemple, illustre Nicolas Chatillon, pour une association caritative qui lutte contre le virus Ebola, envoyer des lettres se révèle coûteux, et implique des délais qui ne correspondent pas à l’urgence des situations. Le tweet, lui, permet aux associations d’envoyer des messages grâce auxquels les donateurs potentiels peuvent donner immédiatement de l’argent. Chez Apple, la plate-forme Itunes fournit un exemple de ce phénomène. «Le marketing et la façon dont les clients vont payer sont pensés ensemble», analyse Jeanne Lazarus, qui pointe une spécificité de cette nouvelle manière de consommer et de payer : «c’est une façon de faire payer les gens, voire de faire en sorte que les gens ne s’aperçoivent plus qu’ils paient. Dans un magasin, on passe sa carte, on fait un mouvement. Lorsqu’on propose, «voulez-vous acheter la chanson ?», vous dites oui, et vous ne vous apercevez même pas que vous êtes en train de payer ».

Un monde multi-acteurs ?

Reste aussi à savoir si c’est vous, et bien vous, qui avez décidé de payer… La sécurité constitue l’un des enjeux de ces nouveaux modes de paiement. Nicolas Chatillon dégaine les statistiques officielles : d’après l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, par exemple, le taux de fraude des cartes de paiement sans contact est de 0,015 %, un niveau deux fois inférieur à la fraude au retrait des distributeurs automatiques… Mais Jean-Jacques Quisquater, professeur en cryptologie, à l’Université catholique de Louvain, se montre plus circonspect : «Oui et non», répond l’expert, à la question de savoir si ces nouveaux modes de paiement sont sûrs. En effet, si, pour lui, ces dispositifs sur les smarphones, par exemple, sont bien conçus, «qui vous garantit que les investissements seront suffisants, pour assurer la sécurité dans le futur», interroge-t-il ? Ce qui semble certain, en revanche, c’est que l’écosystème des paiements tel qu’il existe aujourd’hui, est destiné à être bouleversé. Une multitude de nouveaux acteurs, désireux d’opérer ce service, arrive dans un domaine jusqu’alors resté l’apanage des banquiers. «Une forme de déliaison s’opère déjà entre le compte bancaire et le paiement», remarque Nicolas Chatillon, qui rappelle que, déjà, la France compte 5 millions d’utilisateurs de Paypal, portefeuille électronique qui permet d’effectuer un paiement en ligne qui n’est pas directement lié au compte bancaire du client. À terme, les offres d’Apple, Samsung et Google, qui proposent des solutions de paiement en ligne et dans les boutiques physiques, pourraient aussi très largement diversifier les pratiques.