«L’investissement va connaître de gros trous d’air»

Dans un contexte de baisse des dotations de l’État et d’une véritable crise de l’autofinancement des collectivités locales, la question du financement est devenue plus que cruciale. Le point avec Serge Bayard, le directeur national des Entreprises et du Développement des Territoires de la Banque Postale et de son homologue régional pour le Nord-Est, Olivier Feur à l’occasion du congrès des Entreprises publiques locales mi-octobre à Nancy.

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Serge Bayard (à droite) et Olivier Feur, respectivement directeur national et directeur régional Nord-Est de la Direction des Entreprises et du Développement des Territoires de la Banque Postale.
Serge Bayard (à droite) et Olivier Feur, respectivement directeur national et directeur régional Nord-Est de la Direction des Entreprises et du Développement des Territoires de la Banque Postale.
Serge Bayard (à droite) et Olivier Feur, respectivement directeur national et directeur régional Nord-Est de la Direction des Entreprises et du Développement des Territoires de la Banque Postale.
Serge Bayard (à droite) et Olivier Feur, respectivement directeur national et directeur régional Nord-Est de la Direction des Entreprises et du Développement des Territoires de la Banque Postale.

Les Tablettes Lorraines : Les collectivités territoriales affichent aujourd’hui des budgets plus que serrés, du fait de leur participation souhaitée par le gouvernement à l’effort de lutte contre les déficits publics, comment appréhendez-vous cette situation ?
Serge Bayard :
Nous sommes confrontés à une véritable crise de l’autofnancement des collectivités territoriales. La baisse des dotations de l’État change considérablement la donne. La question pour les élus aujourd’hui est de savoir comment ils peuvent servir leur collectivité avec cette nouvelle donne.

Quelles sont les réponses que vous apportez ?
Olivier Feur :
Nous sommes fortement engagés auprès des collectivités territoriales en région du fait de notre essence même et de la force de notre proximité. Nous nous engageons dans des actions concrètes pour le développement du territoire. À Nancy, nous avons financé une grande partie du projet Nancy Grand Cœur ou encore à celui du campus Artem.
Serge Bayard : Notre expertise des métiers bancaires, combinée à notre connaissance des enjeux locaux et à nos valeurs de service public, nous permettent de proposer des offres adaptées aux besoins de chacun, de l’élu au bailleur social, de l’association à l’hôpital, du professionnel au chef d’entreprise.

Face à cette crise de l’autofinancement des collectivités, quelle stratégie tentez-vous de mettre en place avec elles ?
Serge Bayard :
L’important est d’avoir une vision globale de l’approche de leurs besoins et surtout une vue générale des actions qu’elles doivent mener, notamment, en matière de services publics et associatifs.
Olivier Feur : La connaissance du tissu local est indispensable et il est nécessaire de trouver les bonnes synergies entre les différents secteurs pour mettre en oeuvre la meilleure stratégie. Chaque collectivité est unique, nous faisons du cas par cas.

Comment percevez-vous l’évolution de la situation ?
Serge Bayard :
En France, pour maintenir en l’état les services publics actuels des collectivités, il faudrait injecter 37 milliards d’euros par an. Il est certain que la chose va être délicate. La diminution des dépenses propres, l’optimisation et la mise en oeuvre d’une stratégie patrimoniale, sont des pistes de solutions. Il risque d’y avoir de gros trous d’air en matière d’investissement pendant quelques années.