Edito: La nouvelle arche de NOÉ

Les salariés qui ont reçu le 12 novembre leur médaille à l’occasion de la traditionnelle Fête solennelle du travail de la Société industrielle de l’Est (SIE) au centre de congrès Prouvé à Nancy, sont-ils des vestiges à mettre dans une vitrine au musée de l’Homme ? Réponse: oui, car lorsqu’on examine les contours et propositions […]

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Les salariés qui ont reçu le 12 novembre leur médaille à l’occasion de la traditionnelle Fête solennelle du travail de la Société industrielle de l’Est (SIE) au centre de congrès Prouvé à Nancy, sont-ils des vestiges à mettre dans une vitrine au musée de l’Homme ? Réponse: oui, car lorsqu’on examine les contours et propositions de la loi Macron 2, appelée joliment NOÉ (Nouvelles opportunités économiques), un acronyme savamment trouvé qui renvoie aussi bien au déluge qu’à l’espoir qu’il suscite. Sous couvert que la révolution numérique chamboule toute la donne (ou presque) de l’économie, disons classique, le ministre de l’Économie entend réformer, en long, en large et en travers le maquis des régimes juridiques applicables aux travailleurs indépendants pour inciter les Français à s’y engager. En d’autres termes encourager, de nouveau, la création d’entreprises individuelles dans tous les secteurs. La méthode envisagée avec, notamment, la notion de libre installation sans pour autant disposer d’un diplôme ou d’une formation pour exercer certains métiers, fait déjà grincer des dents. Sans parler de la crispation assurée d’une bonne partie du «camp» d’Emmanuel Macron pour lequel le salariat demeure un modèle de référence. «Le mouvement de salarisation s’est arrêté depuis le début des années 2000 et dans le même temps on a observé que le statut d’auto-entrepreneur a connu un grand succès», assure un membre de Bercy dans les colonnes du Journal du Dimanche en date du 8 novembre. Les médaillés de la Société industrielle de l’Est peuvent garder précieusement leurs distinctions. Au rythme où vont les choses, elles vont tout simplement devenir «collector». Il n’y aura plus qu’à les mettre sur eBay…

83 millions

C’est l’investissement en euros annoncé par le groupe Microsoft en France pour aider les start-up de la French Tech, à hauteur de 70 millions, et l’éducation nationale pour le reste dans un partenariat visant à aider au déploiement du numérique à l’école (source : Le Monde du 10 novembre). L’annonce est tombée suite à un rendez-vous en tête à tête entre le président de la République François Hollande et Satya Nadella, le patron du géant américain depuis 2014 qui a succédé à Steve Ballmer. Microsoft fournira aux jeunes pousses des services de «cloud» et des outils de big data. Reste à savoir si les start-up lorraines de LorNTech seront dans les heureuses bénéficiaires…