Conjoncture

Les reprises de fonds de commerce en net recul

Sur les six premiers mois de l’année, les cessions de fonds de commerce ont reculé de 12 %. Les reprises passent sous le seuil des 20 000 transactions. Pourquoi ce retard ?

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Sur les six premiers mois de l’année, les cessions de fonds de commerce ont reculé de 12 %.
Sur les six premiers mois de l’année, les cessions de fonds de commerce ont reculé de 12 %.
Sur les six premiers mois de l’année, les cessions de fonds de commerce ont reculé de 12 %.
Sur les six premiers mois de l’année, les cessions de fonds de commerce ont reculé de 12 %.

Le constat est étonnant mais réel, même si 4,5 milliards d’euros ont changé de main sur les six premiers mois de l’année, les reprises de fonds de commerce reculent, selon les chiffres du baromètre Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales), réalisé en partenariat avec Altares, spécialiste de l’information sur les entreprises et publié par la Dila (Direction de l’information légale et administrative).

Les chiffres clés

Suivant cette baisse du nombre d’échanges, le prix moyen des fonds de commerce a diminué de 3 % pour atteindre 184 600 euros. Un montant comparable, d’après l’étude, aux valeurs appliquées lors de la crise de 2008 et 2009, mais en baisse sur trois ans. Depuis 2010 et le lancement du premier baromètre Bodacc, les fonds de commerce cédés sur les premiers semestres se sont traités à un prix moyen de 186 000 euros.

Selon cette analyse, l’incertitude conjoncturelle a tempéré l’enthousiasme des repreneurs plongeant le marché dans un attentisme, accentué par des activités déjà à la peine en 2014. Pour mieux comprendre les mécanismes du marché de la transmission de fonds de commerce, il faut entrer dans le détail des différentes structures.

Quels types d’entreprises touchées ?

Les TPE de moins de 10 salariés, pas moins de neuf entreprises françaises sur dix, animent traditionnellement ce marché de la reprise de fonds de commerce. Début 2015, 15 000 des 19 947 acheteurs sont des entreprises sans salarié ou de moins de trois, soit un millier de moins qu’à la même période, en 2014. Parallèlement, le nombre de repreneurs de structures comptant de trois à cinq salariés se réduit comme peau de chagrin : encore environ 2 900 en moyenne sur les débuts d’années 2010 à 2012 (12 % de l’ensemble), ils tombent sous le seuil des 1 500 cette année (7 % du total). Les repreneurs de six à neuf salariés, eux, restent stables aux environs de 900, chaque premier semestre, depuis trois ans.

Le statut des structures reprises peut varier, ainsi la moitié (52 %) des repreneurs de fonds de commerce se présentent sous forme de société à responsabilité limitée (SARL), catégorie concédant du terrain aux sociétés par actions simplifiées unipersonnelles (SASU). Par ailleurs, constituant près de deux tiers des rachats (63 %), les jeunes entreprises portent le marché des reprises. On en comptabilise 12 600 ayant moins de trois ans début 2015, en recul de (- 19 %) par rapport à 2014, alors que les valorisations de ces fonds de commerce baissent peu : aux environs de 2 %.

Les secteurs impactés

L’activité la plus plébiscitée en ce début 2015 n’est autre que la restauration, avec plus de 3 600 rachats. Un nombre en retrait constant depuis 2012, toutefois, puisqu’ils étaient alors 5 500 établissements à être cédés. À noter qu’après trois ans de baisses consécutives, les débits de boisson tirent leur épingle du jeu en restant bien orientés cette année, avec 1 300 transmissions (+ 37 %). On retrouve les prix les plus élevés dans le soin à la personne et l’optique, tirés vers le haut par les pharmacies dont le prix moyen des fonds se situe à 1,150 million d’euros. Cependant, dans le bâtiment, on dénombre 845 reprises sur ces derniers mois contre 992, il y a un an, 1 200 début 2013 et 1 400 début 2012.

Dynamiques régionales

Sans surprise, l’Île-de-France confirme son attractivité avec un peu moins de 4 000 transactions supérieures à 242 000 euros, début 2015. Cette région concentre encore 20 % des échanges nationaux, mais, fait notable, elle passe sous le seuil des 4 000 transmissions, une première depuis 2010. Sur les autres marches du podium, on retrouve la Picardie qui devient la deuxième région en termes de valorisation des fonds de commerce (230 000 euros en moyenne, + 14 %), ainsi que le Nord Pas-de-Calais avec des fonds vendus en moyenne 219 000 euros, pour moins de 800 acheteurs (- 9 %). En queue de peloton, le Limousin est la région dont le prix moyen des fonds de commerce vendus se situe le plus bas (116 000 euros). Des écarts qui confirment combien les situations varient énormément entre chaque territoire.