Edito

Une étude…saignante

Fumer tue !» Aussi bien le tabac licite que l’Afghane illicite, tout comme l’alcool d’ailleurs ou encore l’air respiré dans certaines villes de l’Hexagone, les études cancérologiques s’attaquent même depuis quelques jours au saucisson ! Depuis la parution, et le traitement médiatique anxiogène qui va avec, de la dernière étude du Centre international de recherche […]

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Fumer tue !» Aussi bien le tabac licite que l’Afghane illicite, tout comme l’alcool d’ailleurs ou encore l’air respiré dans certaines villes de l’Hexagone, les études cancérologiques s’attaquent même depuis quelques jours au saucisson ! Depuis la parution, et le traitement médiatique anxiogène qui va avec, de la dernière étude du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) publiée dans la revue scientifique The Lancet Oncology, le «crabe» a un nouvel allié : la viande rouge, nature ou transformée. Même si cette étude montre que la consommation de viande rouge est associée au développement de cancers colorectaux, selon les quantités ingérées (à partir de 50 grammes par jour), l’intensité des risques est loin d’être précisée. Donc, en toute logique pas de panique à bord ! Rien n’y fait, la vague médiatique déferle. «La viande tue !», c’est vendeur comme titre mais surtout destructeur pour toute une filière. Pas pour les gros industriels, déjà bien entachés par des affaires sanitaires à l’image des fameuses lasagnes à la viande de cheval, mais pour les producteurs locaux qui bataillent déjà vaille que vaille pour que leurs produits ovins du terroir soient enfin reconnus. Le mal est presque fait et il est fort à parier que tout un chacun va limiter (au moins l’espace de quelques jours) sa consommation de viande. Ce qui ne serait d’ailleurs pas une mauvaise chose dans une société dite développée où l’obésité fait des ravages, du fait d’un régime trop riche en graisses et trop carné (merci de le rappeler, docteur !) De là à ingurgiter une pilule rouge au lever le matin, une bleue le midi et une verte le soir, histoire d’éviter tous risques alimentaires, il n’y a qu’un pas…ce qui serait franchement dommage à quelques semaines des fêtes de fin d’année !