Des inégalités d’accès aux services du quotidien

Si les temps d’accès aux principaux services de la vie courante, en France, varient du simple au triple, selon les régions et les zones urbaines, d’après l’Insee, 95 % des habitants vivent à moins de 9 minutes de ces équipements.

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Globalement, les Français accèdent aux services de la vie courante en moins de 10 minutes, selon une étude de l'Insee.
Globalement, les Français accèdent aux services de la vie courante en moins de 10 minutes, selon une étude de l'Insee.
Enjeu majeur de l’attractivité d’un territoire, les conditions d’accès aux principaux services de proximité infuencent les politiques territoriales.
Enjeu majeur de l’attractivité d’un territoire, les conditions d’accès aux principaux services de proximité infuencent les politiques territoriales.

Enjeu majeur de l’attractivité d’un territoire, les conditions d’accès aux principaux services de proximité influencent les politiques territoriales. Globalement, les Français accèdent aux services de la vie courante en moins de 10 minutes, selon une étude de l’Insee, publiée début janvier. Toutefois, l’Institut de statistiques révèle de fortes disparités en fonction des territoires. Ces inégalités s’expliquent d’une part, par des facteurs géographiques, mais également, en raison de la plus ou moins grande dispersion des populations. Pour mener cette enquête, l’Insee s’est attaché à créer un «panier de la vie courante» regroupant une vingtaine de services : commerces, établissements d’enseignement, centres de soins et services pour les personnes âgées ou les jeunes enfants.

Temps plus longs pour les communes moins denses

Globalement, les Français accèdent aux services de la vie courante en moins de 10 minutes, selon une étude de l'Insee.
Globalement, les Français accèdent aux services de la vie courante en moins de 10 minutes, selon une étude de l'Insee.

En France métropolitaine, précise l’Insee, la moitié de la population habite dans 3 000 communes et accède aux équipements du «panier de la vie courante» en moins de 4 minutes. En revanche, les 5 % de la population qui vivent dans 13 000 communes, parcourent, en moyenne, un trajet de plus de 9 minutes pour accéder à ces services. Ainsi, l’étude met en avant la forte corrélation entre le temps d’accès et la densité d’une zone géographique. Les temps d’accès médians doublent dans les territoires peu denses et font plus que tripler dans les communes considérées comme très peu denses. De ce constat, les régions dites rurales se trouvent pénalisées par rapport aux régions fortement citadines. En Île-de-France, la quasi-totalité de la population se trouve à moins de 7 minutes des services du quotidien. À l’opposé, la Corse, avec son relief et la dispersion de sa population, est la région la moins bien desservie. Seule la moitié de ses habitants bénéficient des mêmes conditions d’accès qu’une région comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur, ou le Nord- Pas-de-Calais-Picardie.

Les pôles urbains favorisés

«La carte des temps d’accès fait apparaître de forts contrastes entre les grands espaces urbanisés et le reste du territoire», souligne l’étude de l’Insee. De ce fait, tous les chefs-lieux sont mieux desservis que les communes périphériques, y compris dans les régions fortement urbanisées. Dès lors que les Français s’éloignent des grands centres urbains, les temps de trajets médians augmentent. Parmi les 9 200 communes dont le temps de trajet dépasse les 10 minutes, plus de la moitié se situent dans les couronnes des pôles urbains. Toutefois, les différences de temps d’accès sont plus marquées, jusqu’à près d’une heure, entre les communes très peu denses. Mais l’Insee précise qu’au-delà de ces temps d’accès très théoriques, les consommateurs ne vont pas nécessairement au plus près, et la saturation des dessertes par les transports devrait être prise en compte. Enfin, dans les zones peu denses, il peut exister des offres de services mutualisés, comme les stations-services faisant office d’épiceries. Des réponses qui permettent de désenclaver certains territoires. Aussi, le développement de maisons de services publics, prévu par la loi Nouvelle organisation territoriale de la République (Notre), censé réduire cette fracture.

alban.le.meur