La marche du chausseur mosellan…

Une boutique dans la prestigieuse galerie commerciale du Caesars Palace à Las Vegas, une autre à Vienne ou encore une nouvelle à New York ! Avec ses 18 000 points de vente à travers le monde, ses 900 Mephisto-shops et ses 2 800 collaborateurs (dont près de 600 sur le site historique de Sarrebourg), Mephisto, le fabricant de chaussures mosellan continue sa route entamée il y a maintenant cinquante ans. Un demi-siècle d’aventure entrepreneuriale et familiale où savoir-faire artisanal, technologies avancées et Recherches & Développement ont donné accès à un succès planétaire.

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«Dès le départ, mon père a joué la carte de l’international et de l’exportation vers l’Allemagne ! C’est peu dire que la vision et le concept étaient bons.» Marc Michaeli et sa soeur Stéphanie, les dirigeants de Mephisto, constatent que la stratégie avant-gardiste de leur père Martin est plus que payante. Le fabricant de chaussures lorrain, dont le siège est installé depuis 1965 à Sarrebourg dans le sud mosellan, affiche aujourd’hui pas moins de 900 Mephisto-shops, 18 000 points de vente à travers le monde et il est présent dans près de 90 pays. Dernière implantation de taille et de prestige à Las Vegas au coeur de la galerie commerciale du Caesars Palace. «Nous allons également ouvrir une boutique à Vienne en Autriche et une nouvelle à New York.» 80 % du CA (non communiqué) du chausseur mosellan sont réalisés à l’exportation (États-Unis, Europe, Japon, Chine…) avec 2 800 salariés dans le monde. La manufacture historique de Sarrebourg emploie près de six cents personnes et 30 % de la production y sont réalisés, tout comme l’ensemble de l’activité logistique (le centre logistique fait l’objet d’un investissement pour augmenter sa superficie et passer de 7 000 m² à 10 000 m²). Le reste est effectué sur le deuxième site de production du groupe à Viano do Castelo au Nord de Porto au Portugal. Une unité ultramoderne de 17 000 m² inaugurée en novembre 1991 pour faire face à la forte hausse des commandes.

20 000 paires par jour

Avec la manufacture de Sarrebourg, sont 20 000 paires de chaussures sortent chaque jour des lignes production de la petite entreprise familiale, devenue en un demi-siècle (retracé dans un récent ouvrage paru octobre dernier «Mephisto : chausseur exception, 50 ans de succès» aux éditions du Cherche midi) l’un des acteurs majeurs mondiaux dans le domaine chaussure. Connue, reconnue, recherchée, voire quasi identitaire avec présence de véritables «Mephistophiles» de renom (Steven Spielberg, George Clooney, Jennifer Aniston encore Clint Eastwood ou encore Sean Connery), Mephisto demeure une marque discrète dans sa philosophie mais au rayonnement international. «Confort, technologie et qualité», comme l’énumère Marc Michaeli, sont les fils conducteurs de la marque. Un design moderne, fonctionnel, une technologie sans cesse renouvelée mêlant tradition et savoir-faire artisanaux (cousu norvégien, appellation «cuir véritable» imprimée dans chaque modèle) et innovations technologiques (Système Air-Jet, technologie Soft-Air garantissant une marche sans fatigue, les concepts Air-Relax, Air-Bag ou encore Shock Absorber assurant une absorption optimale des chocs) font les vertus du fabricant. «L’ensemble de la R&D est réalisé à Sarrebourg. Nous avons une équipe d’une trentaine de personnes qui travaillent sur les modèles de demain.» Tous les six mois, Mephisto propose une nouvelle collection. «Pour chaque nouveau modèle, on réfléchit à la semelle comme à la technologie la plus adaptée. Le confort étant le but recherché.» Quand certains surfent sur l’embarcation de puces électroniques et autres capteurs numériques dans leurs modèles, Mephisto reste les pieds sur terre et sur ses appuis fondamentaux. «Une chaussure est faite pour marcher. L’important, c’est le confort optimal adapté à la personne qui la porte.» La chaussure connectée, pas vraiment le genre du chausseur mosellan. «Marcher, c’est vivre», était l’un des tous premiers slogans de la marque. Une vision de l’existence, saine, pérenne, visionnaire mais raisonnée. La belle marche du chausseur mosellan continue…