Tendances

Le commerce extérieur affiche un bilan contrasté

Le déficit des échanges de biens, hors énergie et matériel militaire, de la France continue de se creuser. En revanche, le nombre d’entreprises exportatrices a un peu augmenté, dans un contexte d’imbrication croissante des économies. Le gouvernement veut continuer à encourager les PME à l’export. La contribution du commerce extérieur à la croissance a été […]

344
Bilan contrasté pour le commerce extérieur en France.
Bilan contrasté pour le commerce extérieur en France.

Le déficit des échanges de biens, hors énergie et matériel militaire, de la France continue de se creuser. En revanche, le nombre d’entreprises exportatrices a un peu augmenté, dans un contexte d’imbrication croissante des économies. Le gouvernement veut continuer à encourager les PME à l’export.

La contribution du commerce extérieur à la croissance a été négative, en 2015 (- 0,2 %). Derrière ce chiffre brut, un déficit des échanges de biens (hors énergie et matériel militaire) qui continue de se creuser, une balance excédentaire pour les services, un tissu d’entreprises exportatrices qui se densifie légèrement… : c’est un bilan contrasté qui a été présenté par Matthias Fekl, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger, lors d’une conférence de presse, le 5 février à Paris. En 2015, le déficit sur les échanges de biens pèse 45,7 milliards euros. Un chiffre en réduction, puisqu’il s’élevait à 58,3 milliards l’année précédente et à 74,5 milliards, en 2011. «C’est la quatrième année consécutive de réduction», constate Matthias Fekl. Reste que la tendance positive de cette dernière année est pour l’essentiel due à la baisse du prix de l’énergie (qui diminue le montant des importations) et au cours de l’Euro. Pire, «hors énergie et matériel militaire, notre déficit se dégrade même», pour atteindre 23,2 milliards d’euros admet Matthias Fekl. Mais au-delà de cette mauvaise performance, un faisceau d’indices incite à plus d’optimisme. Premièrement, «le dynamisme retrouvé de l’exportation des biens et des services», avance le secrétaire d’État. En 2015, les expor
tations de biens ont crû de 4 %, jusqu’à atteindre 455,1 milliards d’euros. Les principaux secteurs exportateurs de la France se maintiennent : l’aéronautique, toujours en tête, a connu une croissance de 11 % de ses ventes à l’export, et pèse 58 milliards d’euros. Suit l’automobile, dont l’export croît de 9 %, pour atteindre 42 milliards d’euros. Parmi les autres secteurs exportateurs en croissance, figurent l’industrie du luxe, l’agroalimentaire, et la pharmacie, qui a exporté pour 29 milliards d’euros. Du point de vue géographique, «nos exportations sont soutenues, en particulier, vers les pays avancés.»

Dynamiques positives en vue

Globalement, le déficit sur les échanges de biens est compensé à 80 % par les services et le négoce international : avec 39 milliards d’euros, ces deux postes sont excédentaires. Les services affichent un excédent de 14 milliards, en recul depuis l’année précédente. Le négoce international, lui, progresse, pour atteindre 24,9 milliards d’euros. « Cela confirme la bonne intégration de nos sociétés de trading dans l’économie mondialisée.» Par ailleurs, sur le territoire même, plusieurs phénomènes macroéconomiques signalent une dynamique positive, d’après le ministère. Ainsi, les importations hors énergie, qui ont augmenté de 6 % en valeur, en 2015 : si elles sont aussi constituées de biens de consommation finale, qui contribuent à creuser le déficit de la balance commerciale, elles comportent une part «majoritaire» d’intrants intermédiaires, lesquels sont intégrés dans l’industrie (aéronautique, notamment) pour être ensuite exportés. Bref, la croissance des importations «dénote aussi une reprise économique du pays», estime Matthias Fekl. Par ailleurs, l’année 2015 a été marquée par une légère augmentation du nombre d’entreprises exportatrices. Faiblesse structurelle hexagonale, le nombre de ces entreprises, en France, est deux à fois trois moins important qu’en Allemagne et en Italie. En 2015, le ministère en décompte 125 000, soit 3,1 % de plus que l’an dernier, et 7 % de plus qu’il y a quatre ans. «Nous retrouvons le plus haut niveau depuis 2003», précise le secrétaire d’État, se réjouissant d’un «un état d’esprit qui a changé», pour devenir plus offensif. Parmi les nouvelles entreprises exportatrices, figurent des entités de toutes tailles, et également des PME. Le nombre de celles qui exportent a progressé de 4,2 %, plus que les grandes entreprises, même si ces dernières continuent de concentrer l’essentiel de l’export. Et le quai d’Orsay entend poursuivre sa politique d’encouragement à l’export pour les petites et moyennes entreprises, notamment, en les invitant à participer aux voyages des délégations à l’étranger et en augmentant le nombre de VIE, volontaires internationaux en entreprise.

 anne.daubree