Edito La crise… de nerfs

Les semaines passent et se ressemblent sans que rien ne semble vraiment bouger. De nouveau au programme : manifestations dans les rues, avec pavés et autres objets hétéroclites lancés contre les forces de l’ordre (alors qu’il y a encore peu de temps tout le monde ou presque les embrassait) et dialogue de sourds entre politiques […]

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Les semaines passent et se ressemblent sans que rien ne semble vraiment bouger. De nouveau au programme : manifestations dans les rues, avec pavés et autres objets hétéroclites lancés contre les forces de l’ordre (alors qu’il y a encore peu de temps tout le monde ou presque les embrassait) et dialogue de sourds entre politiques trop préoccupés par la préparation prochaine de l’élection présidentielle. Dialogue ? Plutôt invective via médias interposés et missives cinglantes véhiculées par les réseaux sociaux toujours promptes à divulguer des informations aussi vite démenties et où on se noie allègrement. Reste que cette cacophonie va crescendo chaque jour. Les raffineries bloquées depuis la semaine dernière font planer un risque de pénurie à l’heure actuelle, voire d’un blocage du pays d’ici peu. Les files d’attente devant les stations-service, dans les régions limitrophes, telles le Nord et l’Ouest, montrent des scènes révélatrices d’un certain individualisme grandissant, provoquant de jolies crises de nerfs pour les automobilistes qui ne sont pas loin de la panne sèche. Prochaine étape ? La razzia sur les pâtes, l’huile et les produits de première nécessité. Pas impossible ! Le Français est ainsi fait. L’instinct de survie rejaillit dès que l’on s’attaque à son mode de vie. La guerre sociale, qui a lieu sous nos yeux, est le signe de la mort du modèle collectif en faveur de l’avènement de l’individualisme. Qui sème le vent ultralibéral, récolte la tempête sociale. Chance ! Roland Garros bat son plein, l’Euro de football arrive à grands pas, les vacances d’été se profilent à l’horizon, tout comme le Tour de France. Tout cela ponctué par les résultats du baccalauréat qui occuperont l’esprit de la jeunesse et qui détourneront leur envie de défendre les idéaux d’une vie meilleure collectivement. Autant d’échappatoires pour faire oublier les maux actuels, du moins pour un temps. «Que nous arrivent-ils ? Que va-t-il arriver ?» Voilà les questions que vont se poser les membres de l’association Peps (Promotion des Entreprises du Pays du Sel) le 6 juin à l’occasion de leur Soirée Prestige. Prémonitoire comme questions, on imagine déjà la réponse.

emmanuel.varrier