Photographie

Ralph Benoit les clichés de vie

Depuis une décennie, le photographe nancéien Ralph Benoit immortalise les instants d’existence au sein de son studio Mad Photo. Rien n’échappe au viseur de ce portraitiste perpétuant authenticité et haute qualité.  À deux pas de la Cour des arts, un endroit vous soustrait au trépidant rythme urbain. Bienvenue au studio Mad Photo. Le propriétaire des […]

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Ralph Benoit est Portraitiste de France depuis 2001.
Ralph Benoit est Portraitiste de France depuis 2001.

Depuis une décennie, le photographe nancéien Ralph Benoit immortalise les instants d’existence au sein de son studio Mad Photo. Rien n’échappe au viseur de ce portraitiste perpétuant authenticité et haute qualité. 

À deux pas de la Cour des arts, un endroit vous soustrait au trépidant rythme urbain. Bienvenue au studio Mad Photo. Le propriétaire des lieux est Ralph Benoit. Photographe de son état. Plus précisément portraitiste. Il suffit de peu de temps pour qu’il vous mène dans son univers, contant pléthore d’anecdotes. Face aux physionomies d’individus accrochées aux murs, aux regards si prenants, aux postures si légères, se dégage une atmosphère apaisante et solennelle. L’histoire d’amour de Ralph Benoit avec la photo commence il y a plus de trois décennies, comme il le raconte : «Tout jeune, j’ai baigné dans le milieu. Mon père avait ouvert le tout premier laboratoire minute à Nancy. En le regardant faire, en m’imprégnant de ses gestes, des procédés utilisés, j’ai appris à aimer ce métier qui est un art.» Ralph Benoit suivra le succès de «ces photos en une heure» dans une seconde affaire familiale à Metz. Il restera en Moselle jusqu’en 2006, optimisant son travail en autodidacte et complétant par des stages auprès de «maîtres» de la branche. Il obtient en 2001 le premier d’une longue série de titres de portraitistes de France délivrés par le très sélectif Groupement national des photographes professionnels. Le portrait, voilà la grande affaire de Ralph Benoit. Il l’explique : «Je considère que c’est la quintessence de notre profession. Un visage, une attitude : il y a quelque chose d’unique. Le papier garde les émotions.» En 2006, avec son épouse Catherine, il rachète le studio nancéien Mad Photo, fondé en 1941 par René Cuchet. Le gérant, Bernard Julien, choisit, après une méticuleuse sélection, Ralph Benoit comme successeur. Parce que ce dernier se rapproche le plus, dans son éthique, de l’esprit et de la philosophie d’un lieu si singulier et porteur d’une histoire. L’entreprise par la photo Depuis, Ralph, dans la prise d’instantanés et Catherine dans les tirages, voguent avec un certain succès, répondant à des demandes diverses : clichés scolaires, portraits de grossesses, d’enfants, de personnes âgées, de familles, de mariages… Mad Photo intervient pour le monde de l’entreprise : mise en valeur d’un geste, d’un savoir-faire artisanal ou ouvrier, promotion d’un atelier, photo d’un dirigeant ou d’une équipe… La palette est quasi infinie quant aux possibilités. Par son expérience, Ralph Benoit a vu la galaxie de la photo professionnelle changer, comme il le constate : «Il y a d’abord moins de studios comme le mien. Le numérique a bousculé pas mal de choses. Le matériel est par ailleurs plus souple, plus malléable… mais au final le but reste identique : capter l’instant rare qui donnera à la photo un aspect presque magique. Ce sont les bons moments de la vie qui sont immortalisés. Les goûts des clients ont évolué. On ne saisit plus un mariage comme on le faisait autrefois.» Aux stagiaires qu’il accueille, Ralph Benoit transmet une passion et quelques préceptes : «D’abord savoir maîtriser les bases de la photo et y allier l’esthétisme et la créativité.» Un jour, quand il s’agira à son tour de transmettre son studio, le portraitiste a déjà en tête le profil de son successeur : «J’imagine bien une femme prendre le relais. Elles ont une sensibilité propre qui est un vrai plus pour la photo.» Ainsi va le chemin de Ralph Benoit, croqueur de l’intimité d’anonymes sur pellicule. Il en a fait son lien humain, précieux et intemporel.

laurent.siatka