Edito

Attention, fossé…

Il y a des signes qui ne trompent pas ! Le 4 juillet la Jeune Chambre Économique (JCE) du Grand Nancy organise une journée «Mieux agir pour l’emploi» à Vandoeuvre, une déclinaison locale de l’action nationale des JCE «Parlem’entreprise». Objectif : permettre à des jeunes issus des quartiers dits sensibles et suivis par les Missions […]

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Il y a des signes qui ne trompent pas ! Le 4 juillet la Jeune Chambre Économique (JCE) du Grand Nancy organise une journée «Mieux agir pour l’emploi» à Vandoeuvre, une déclinaison locale de l’action nationale des JCE «Parlem’entreprise». Objectif : permettre à des jeunes issus des quartiers dits sensibles et suivis par les Missions locales, de s’exprimer sur leurs attentes, leurs besoins, leurs ressentis en matière d’insertion et de recherche d’emploi. Belle initiative mais énième débat théorique, quand tout le monde attend de véritables réalisations pour créer des passerelles entre ces deux mondes qui s’ignorent toujours, malgré tout ce que l’on veut nous faire croire. L’entreprise d’un côté et des jeunes diplômés (ou non) des quartiers sensibles et issus, dans leur grande majorité, de l’immigration de l’autre. Image erronée que cette mise en avant de cette fracture ? Pas si sûr ! Elle s’avère nécessaire surtout dans le climat actuel où le terreau est fertile à l’embrigadement que l’on connaît. D’entrée lors de cette réunion, on perçoit bien que ce fameux fossé (que bon nombre assure combler) se creuse de plus en plus. «Ce que l’on demande d’abord, c’est juste de l’écoute », assure Mohamed, 22 ans, titulaire d’un bac avec mention et toujours en quête d’emploi et de formation… Comme il a une barbe un peu trop fournie pour certains, mais à la différence d’un hipster bobo urbain, il a plus de mal à se faire recruter. Cherchez l’erreur ! Dommage que le député de la deuxième circonscription de Meurthe-et-Moselle (qui soutient l’action) n’ait pu se rendre à cette journée pour prendre cette température ambiante. Le sentiment d’abandon de toute une partie de la jeunesse est palpable. Une jeunesse qui ne demande qu’à travailler grâce à ses compétences et non être stigmatisée par rapport à ses origines. Est-ce trop demander ? Nous en sommes encore là à nous interroger sur ce dilemme, c’est triste à dire, à constater, et encore plus à vivre…