L’activité reprend, pas la rentabilité…

Mise en place d’une commission associant les établissements bancaires, l’État et les élus, en passant par une convention sur l’accès aux marchés publics, Pascal Pinelli, le président de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) de Meurthe-et-Moselle en assemblée générale, le 7 octobre, a tenu un discours de bon sens dans […]

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«L’activité reprend, c’est certain mais pas la rentabilité», constate Pascal Pinelli, le président de la Capeb 54.
«L’activité reprend, c’est certain mais pas la rentabilité», constate Pascal Pinelli, le président de la Capeb 54.

Mise en place d’une commission associant les établissements bancaires, l’État et les élus, en passant par une convention sur l’accès aux marchés publics, Pascal Pinelli, le président de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) de Meurthe-et-Moselle en assemblée générale, le 7 octobre, a tenu un discours de bon sens dans un climat où l’activité, soit, repart mais où la rentabilité des entreprises est encore loin d’être florissante.
«L’activité reprend, c’est certain mais pas la rentabilité.» À un an d’intervalle, le constat demeure le même pour Pascal Pinelli, le président de la Capeb 54, et ses troupes réunies en assemblée générale, le 7 octobre, dans les locaux de la Fédération des artisans boulangers de Meurthe-et-Moselle à Vandoeuvre, bon nombre d’artisans sont toujours dans le pétrin. «Seule une activité rentable sera bénéfique aux petites structures, une activité réelle qui permettra à court terme de sortir la tête hors de l’eau et qui accordera à moyen terme le retour progressif aux investissements matériels et à la création d’emplois.» Constat établi, si les carnets de commandes recommencent à se remplir (grâce notamment au segment
de marché de la rénovation énergétique portée en Meurthe-et-Moselle par une Charte d’engagement dans le Pays de Terres de Lorraine), «la situation financière d’un grand nombre de nos entreprises artisanales reste problématique. La difficulté d’encaisser les créances, les délais fournisseurs de plus en plus courts, une situation globalement frileuse des ménages, rendent nécessaire le recours aux crédits de trésorerie pour financer l’activité.»
Crédits de trésorerie en ligne de mire
Les banques (re)jouent le jeu mais avec des règles souvent plus rigoureuses. «Certains établissements bancaires pratiquent des frais bancaires d’une manière exagérée (frais de dossiers, taux d’intérêt généralement élevée, commissions diverses, commissions de mouvement, frais de rejet d’opération, frais de lettre d’information de rejet). Ces frais se traduisent parfois, sur une courte période, à augmenter de 30 % le découvert de l’entreprise et à précipiter cette dernière vers une issue fatale.» Histoire de faire face, Pascal Pinelli préconise «la mise en place de taux d’intérêts plus raisonnables sur les crédits de trésorerie» et la création d’une commission associant les établissements bancaires, les élus et les représentants de l’État afin de débattre sur ce sujet. Imed Bentaleb, sous-préfet de Meurthe-et-Moselle en charge du développement économique, Dominique Potier, député de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle et Valérie Debord, vice-présidente de la région Grand Est, présents à l’assemblée générale prennent bonne note des propositions de la Capeb 54. Reste que la problématique des offres anormalement basses (le «moins-disant» demeure toujours d’actualité), la «concurrence déloyale des micro-entrepreneurs» et le répétitif problème des travailleurs détachés plombent un artisanat du bâtiment toujours inquiet. «Tous ces problèmes récurrents menacent la pérennité de nos entreprises.» Des problèmes identiques à l’an passé et qui semblent s’être amplifiés. Le secteur artisanal du bâtiment en France a perdu 15 000 emplois l’an passé.

emmanuel.varrier