Sylvie Gubian cocoone et innove

Militante de son métier d’esthéticienne, Sylvie Gubian a développé un parcours peu banal. Maître artisan, au carrefour de l’authentique et de la modernité, elle transmet une certaine idée de son quotidien professionnel. S’adressant aux femmes comme aux hommes. À quelques encablures du Musée lorrain, il suffit de pousser la porte de Spa De sens et d’esprit, pour […]

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Sylvie Gubian est la gérante de l’institut Spa De sens et d’esprit depuis 2008.
Sylvie Gubian est la gérante de l’institut Spa De sens et d’esprit depuis 2008.

Militante de son métier d’esthéticienne, Sylvie Gubian a développé un parcours peu banal. Maître artisan, au carrefour de l’authentique et de la modernité, elle transmet une certaine idée de son quotidien professionnel. S’adressant aux femmes comme aux hommes.
À quelques encablures du Musée lorrain, il suffit de pousser la porte de Spa De sens et d’esprit, pour être d’emblée immergé dans l’univers de Sylvie Gubian. L’endroit dégage un certain cachet et un aspect chaleureux. La gérante, nancéienne de naissance, est volontiers volubile. «Depuis la maternelle, je suis attirée par le maquillage !», note-t-elle avec humour. Dans une vocation exprimée bien tôt, elle emprunte la voie du CAP, passant par la formatrice et exigeante école Yolande Guichard. Diplôme en poche, elle débute comme salariée en parfumerie. La fin des années 90 marque l’implantation et l’expansion de la chaîne Sephora. À 27 ans, une vraie opportunité de carrière pour Sylvie Gubian qui devient à Nancy, la première ambassadrice de la marque, endossant le rôle de directrice, avec toutes les responsabilités qui en incombent. La suite, elle la raconte : «J’ai ensuite pris un virage, forte de mes années d’expérience, à la fois dans la vente et le management. À Paris, j’ai œuvré deux ans pour la maison Carita. Puis est venu mon congé parental et une période d’introspection personnelle. Je voulais évoluer. Je n’oubliais pas que j’avais des parents et grands-parents entrepreneurs. Être ma propre chef, c’était mon projet.» Le dessein entrepreneurial de Sylvie Gubian se concrétise en 2006. Elle lance dans la cité ducale, rue Gambetta, le concept de l’esthétique dans sa version bien-être, mais qui ne rencontre pas son public. «C’était trop nouveau. Pensez, quand on cherchait le mot Spa dans les bottins, on tombait quasi systématiquement sur un refuge animalier. Faire bouger l’image classique du soin esthétique, le proposer également aux hommes, j’étais un peu en avance sur mon temps, la tendance allait seulement arriver !», concède-t-elle.
Maître artisan et ambassadrice d’une profession
Cet échec relatif ne la décourage aucunement, convaincue du succès prochain de sa vision pionnière et novatrice. Elle se rapproche de sa fédération, détaille son idée, convainc ses interlocuteurs, étudie les faisabilités. Car il lui faut rebondir rapidement, soutenue par Maryvonne Parisot-Jacquel de l’Apec, bénéficiant d’aides du Grand Nancy (par un prêt Pfil) et d’Oséo. En 2008, elle trouve un local, à la maison des bibliothèques, rue Saint-Michel. Les alentours et le cadre touristique présentent des traits pittoresques, tendant à un certain intimisme. Tout à fait dans la philosophie de Sylvie Gubian qui démarre à l’automne l’aventure de Spa De Sens et d’esprit. La dénomination de son institut est suffisamment explicite pour en déceler l’essence. Depuis huit ans, une clientèle éclectique vient profiter de soins esthétiques classiques, découvrir le dépaysement d’une gamme Soins dumonde et un vernis permanent aux deux cents coloris. Elle est ici dans une bulle de bien-être, entre relaxation et cocooning. Idéal pour lâcher prise. Toujours en veille de nouveautés, Sylvie Gubian, maître artisan et titulaire d’un brevet de maîtrise, se veut une ardente et déterminée défenseur de son métier, impliquée au sein des fédérations nationale et régionale. «Mes combats tiennent autant dans le soutien aux artisans en place que vers ceux qui veulent s’installer. Je vous prie de croire, qu’avec les charges qui nous écrasent, et la concurrence déloyale qui met en danger notre filière, ce n’est pas simple.» Avec un leitmotiv : transmettre auprès de la jeune génération : « L’esthétique combine l’exigence dans le travail, la condition physique, le conseil à la clientèle, une hygiène impeccable. C’est le message que je martèle à mes apprenties. Comment résumer mon parcours ? En un mot : la passion !», termine-t-elle avec enthousiasme.
laurent.siatka