Marie-Alice Lallemand en authentique

Marie-Alice Lallemand est une designer pas tout à fait comme les autres, faisant vivre une passion d’enfance, avec entrain et professionnalisme. Son credo : le design n’est pas uniforme mais multiple. Rencontre avec un personnage traçant son sillon avec inventivité et guidée par l’esthétisme. Sans doute, dans sa trajectoire personnelle et professionnelle, Marie-Alice Lallemand a été […]

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Marie-Alice Lallemand a lancé sa propre marque design «Polyptik».
Marie-Alice Lallemand a lancé sa propre marque design «Polyptik».

Marie-Alice Lallemand est une designer pas tout à fait comme les autres, faisant vivre une passion d’enfance, avec entrain et professionnalisme. Son credo : le design n’est pas uniforme mais multiple. Rencontre avec un personnage traçant son sillon avec inventivité et guidée par l’esthétisme.
Sans doute, dans sa trajectoire personnelle et professionnelle, Marie-Alice Lallemand a été influencée par un entourage familial qui lui a très tôt distillé la richesse de la diversité artistique et un certain sens du beau. Finalement, logique, car je suis née à Nancy, marquée du sceau du mouvement Art nouveau. À 28 ans, Marie-Alice Lallemand affiche un sourire radieux, animée d’une flamme dans le regard, menant rapidement son interlocuteur au coeur de sa galaxie design et déco. Retour quelques années en arrière. La future créatrice entame une préparation aux concours des écoles de design au sein de la classe parisienne de l’Atelier de Sèvres puis à l’école Camondo (architecture intérieure) durant trois ans. La suite du parcours de Marie-Alice Lallemand la conduit bientôt à des milliers de kilomètres de là : «J’ai voulu me spécialiser dans le design de produit et suis allée à l’École de Design Nantes-Atlantique. J’y suis restée trois ans. Au cours de ma formation, j’ai été amenée à passer six mois aux États-Unis, au Milwaukee Institute of Arts and Design. J’y ai découvert une toute autre façon de voir les choses», explique-t-elle. Cette incursion dans le Wisconsin sonne pour l’étudiante, non pas comme une révélation, mais comme une confirmation : «J’ai été immergée dans la mentalité U.S. qui fonctionne au pragmatisme. Surtout, cela me motivait encore davantage à croire en cette idée que le design ne se réduit pas à une seule spécialité mais qu’il faut le conceptualiser dans une vision globale», poursuit-elle.
Encourager l’artisanal local
Dans son début de carrière, Marie-Alice Lallemand concrétise ce leitmotiv, travaillant successivement dans le design culinaire chez Emulsion, le design de luxe chez Germain Bourré, le design packaging chez Stream Line, le design d’objets du quotidien à l’agence Créa Créa pour Pylônes, le design manufacturier chez Goodyear Dunlop Luxembourg. Des expériences enrichissantes qui forgent le socle d’une ambition : «J’ai eu ce déclic de me dire «maintenant, j’ai envie de faire ce que je veux. Alors, je n’ai pas hésité. J’ai tout quitté pour me lancer», se souvient-elle en évoquant ce passage, exaltant et incertain du choix de l’entrepreneuriat. En août 2014, marie alice design studio est officiellement sur orbite, dans une activité regroupant design produit, décoration intérieure, graphisme. Avec des débuts encourageants. Un an plus tard, Marie-Alice Lallemand, pose une nouvelle pierre : «En septembre 2015, j’ai déposé ma propre marque semi-figurative Polyptik. Il s’agit, par une création de mobilier haut de gamme, de lier savoir-faire artisanal et matériaux nobles. Je veux revenir aux origines. Travailler dans l’authentique. Bref, faire des choses simples et belles. Je suis en relation avec des ferronniers, des menuisiers, des tapissiers… locaux. Mon objectif est de faire connaître ma démarche éco-durable auprès du grand public, des professionnels, dans les salons et rendez-vous spécialisés en design et déco, de trouver des éditeurs», note-t-elle. Son itinéraire, elle le synthétise : «En faisant de la création mon travail, j’ai touché mon rêve.» La qualité de ses oeuvres témoigne d’un bel allant.

laurent.siatka