François Werner, nouveau président du groupe ILP Financièrement vôtre…

François Werner, maire de Villers-lès-Nancy, vice-président de la métropole du Grand Nancy, conseiller régional grand est ! Cela c’est le côté face de l’élu lorrain, le côté pile est moins connu mais tout aussi intéressant (si ce n’est plus). Cet inspecteur général des finances, ancien directeur du service français de lutte anti-blanchiment au sein de […]

810

François Werner, maire de Villers-lès-Nancy, vice-président de la métropole du Grand Nancy, conseiller régional grand est ! Cela c’est le côté face de l’élu lorrain, le côté pile est moins connu mais tout aussi intéressant (si ce n’est plus). Cet inspecteur général des finances, ancien directeur du service français de lutte anti-blanchiment au sein de Tracfin (Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits Financiers Clandestins) vient de prendre la présidence du groupe ILP (Institut Lorrain de Participation) et c’est loin d’être un hasard.

La sortie de l’affaire de la caisse noire de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie), c’est lui à l’époque où il était directeur du service français de lutte anti-blanchiment au sein de Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), «et je ne me suis pas fait que des amis mais cela je m’en foutais, j’ai fait mon devoir, j’ai fait le job.» Dans son bureau de maire de Villers-lès-Nancy, François Werner se remémore, avec une certaine nostalgie voire un certain plaisir, ces années passées de 2005 à 2008 au sein de ce service du ministère de l’Économie et du Budget. «Une belle expérience, un outil nécessaire, utile où l’on met à jour des montages, des malfaçons parfois pittoresques», comme celle qu’il évoque d’une tromperie à la loterie de l’Euro Millions de la Française des Jeux pour un montant de 31 millions. François Werner, élu grand nancéien et conseiller régional Grand Est, est surtout connu dans ses statures d’homme politique local, métropolitain et régional mais son métier premier, une partie de son ADN n’est autre que le monde de la finance. Une finance, non pas mercantile et lucrative au sens marché et marchand du terme, mais une finance au service de l’intérêt général et collectif. Depuis la fin septembre, cet inspecteur général des finances depuis 2016, vient de prendre la présidence du groupe ILP (Institut lorrain de participation), ce capital-investisseur de proximité à l’actionnariat diversifié (27 % pour la Région Grand Est, 23 % pour BPI France, 35 % pour des banques privées et 15 % d’entreprises) visant à renforcer les fonds propres des PME de tous les secteurs d’activité aux différents stades de leur évolution. Le pourquoi ? «L’ILP, ce n’est pas un fonds comme les autres ! Il est l’un des outils de l’exigence de développement économique de la région. Il y a là une notion de durabilité de l’engagement dans les capitaux prêtés avec une démarche assurée de voir ces capitaux demeurer en Lorraine et qu’ils soient bénéfiques pour la région.»

«Susciter l’émergence de bons projets»

En d’autres termes remettre un peu en avant le réel rôle de l’ILP et de sa filiale Sade par (centrée sur des projets en phase d’amorçage ou de création). Du lorrain, 100 % flux financiers pour un ancrage et un développement des entreprises régionales. Avec la nomination de François Werner, le message devrait logiquement être passé. Pas un hasard donc de voir ce conseiller régional à la tête de ce groupe d’ingénierie financière (gérant au total près de 65 millions d’euros de fonds dont 41 millions pour le seul ILP). «Il se doit de susciter l’émergence de bons projets.» Bons dans la lignée du fameux SRDEII (Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation) développé par l’exécutif régional. «Des comités d’investissement, j’en fais et un bon nombre», assure celui qui s’est aguerri en la matière lors notamment de son passage (entre 2009 et 2016) comme directeur général du Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages, investisseur institutionnel ayant pas moins de 4 milliards d’actifs placés. «Là, on ne peut que s’assurer de bons engagements car le but final ce sont des personnes, de l’humain.» François Werner aborde la sphère financière avec une grosse dose d’éthique, qui manque souvent farouchement dans cet univers, sans doute liée à sa personnalité et renforcée par une mission d’un passé proche de représentant de la commission d’éthique du CIO (Comité international olympique). Local, régional, éthique et farouchement accroché à la Lorraine, le nouveau patron de l’ILP se veut un financeur qui vous veut du bien…