Les start-up du sport brillent à l’export

Si l’important est de participer, le sport constitue également un secteur économique avec des opportunités à l’export. Témoignage, avec trois start-up implantées aux usa ou en Australie. En attendant les jeux olympiques de 2024… Les start-up investissent le sport. Le 7 novembre à Paris, le Medef organisait une journée consacrée à l’«excellence et l’attractivité de […]

Si l’important est de participer, le sport constitue également un secteur économique avec des opportunités à l’export. Témoignage, avec trois start-up implantées aux usa ou en Australie. En attendant les jeux olympiques de 2024…

Les start-up investissent le sport. Le 7 novembre à Paris, le Medef organisait une journée consacrée à l’«excellence et l’attractivité de l’économie française du sport», avec Sporsora, organisation interprofessionnelle qui regroupe 150 acteurs du sport. À cette occasion, trois start-up ont témoigné de leur développement en France et à l’export. Toutes sont issues de la sélection de l’incubateur parisien dédié au sport, le Tremplin. C’est le cas, par exemple, de PIQ, qui, au bout de trois ans, compte 67 salariés. «Il s’agit d’apporter la technologie au monde du sport», explique Cédric Mangaud, directeur général de l’entreprise. Concrètement, la société produit des boîtiers dotés de capteurs et d’intelligence artificielle pour analyser des performances sportives, comme la vitesse d’un service en tennis, ce qui permet aux utilisateurs de suivre leur progression, ou de se confronter à d’autres. Pour Cédric Mangaud, l’export représente une voie logique. «1,6 milliard de personnes font du sport au niveau mondial. La France représente de 4 à 7% du marché. Pour aller à l’étranger, nous nous sommes associés à de grandes marques qui ont une expertise du marché et qui nous ont aidés à être distribué le plus largement possible», explique le dirigeant, qui a tissé des liens avec les plus grands : Rossignol pour le ski ou Everlast, pour la boxe. Pour l’entrepreneur, les États-Unis, où le sport est «roi», constitue un marché immense, mais plus difficile d’abord que l’Europe. L’entreprise a également commencé à se développer en Australie, autre marché porteur. Autre exemple de développement à l’international, celui de la start-up Sport Heroes Group, positionnée sur le créneau du sport et du bien-être depuis quatre ans. Concrètement, la start-up se veut «un média qui aide à la pratique sportive», précise Boris Pourreau, cofondateur de l’entreprise. Le média propose le récit d’histoires destinées à inspirer le lecteur, des outils pour l’encourager à passer à l’acte, comme l’organisation de courses connectées, et aussi des récompenses, avec des cadeaux de marques partenaires. La marque cumule un million de fidèles. Pour Boris Pourreau, il existe des opportunités à l’international. «On peut y aller aussi à l’opportunité et au feeling», dédramatise-t-il.

DANS LA ROUE DES PLUS GRANDS

En Australie, où la filiale de l’entreprise est déjà rentable, c’est un de ses amis d’enfance, expatrié pour d’autres raisons, qui s’est occupé de monter l’affaire. Au Royaume-Uni, «nous sommes toujours en phase d’investissement.» Comme PIQ, la start-up s’est appuyée sur des partenaires pour se développer plus rapidement. Exemple, avec l’organisation de courses connectées avec l’Unicef, d’abord en France, puis, au Brésil, dans le cadre des jeux olympiques de Rio en 2016. L’opération a engendré des contacts avec des entreprises brésiliennes. «Il faut savoir profiter de l’effet rebond», commente Boris Pourreau. Pour lui, le contexte français favorise l’export, avec l’existence de leaders comme Rossignol ou Decathlon, implantés dans le monde entier, ou encore, la French Tech, lancée en 2014 pour fédérer l’éco-système des start-up françaises, qui a mis sur pied une entité dédiée au sport. Dernier exemple, enfin, celui de la World Gaming Federation, start-up née en 2016 et qui compte déjà une quinzaine de salariés. La toute jeune entreprise s’est positionnée sur le créneau émergent mais très prometteur du e-sport, auquel s’ intéressent médias, grandes entreprises, et aussi, les acteurs traditionnels du sport, à l’image du PSG, qui a développé une équipe de e-sport… Sur cette vague, la start-up propose une plateforme sociale internationale pour les joueurs et l’ensemble des acteurs du jeu vidéo, capable d’organiser des tournois et d’aider l’industrie du jeu vidéo à monétiser son activité. Lors de la coupe UEFA euro 2016, par exemple, la start-up a travaillé avec plusieurs acteurs, comme la SNCF, en organisant un tournoi de football sur PlayStation 4 en interne, avec des lots à gagner. Autre client, la ville de Paris, pour laquelle la start-up a organisé un tournoi virtuel. Aujourd’hui, l’entreprise est en train de se déployer en Afrique. Et en France, les Jeux olympiques de 2024, à Paris, pourraient offrir de nouvelles opportunités. «Nous ne savons pas encore s’il y aura du e-sport aux jeux olympiques. C’est peut-être un peu tôt. Mais dans les dispositifs d’accompagnement, le e-sport peut avoir de la valeur, en ramenant de nouvelles audiences qui vont participer à cette grande fête. C’est une réelle opportunité, porteuse de légitimité», estime Mehdi Sakaly, cofondateur de la start-up.