Sophie Abraham aux accents vintage

Pas pour rien que l’atelier boutique de Sophie Abraham s’appelle le comptoir des caprices. La styliste d’art en bijoux et accessoires textile y a semé une singulière atmosphère. Elle répare, restaure, crée des objets délicats et précieux. Avec un geste minutieux au possible. «Si j’ai mon atelier dans cette ruelle, appelée le Passage bleu, ce […]

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Pas pour rien que l’atelier boutique de Sophie Abraham s’appelle le comptoir des caprices. La styliste d’art en bijoux et accessoires textile y a semé une singulière atmosphère. Elle répare, restaure, crée des objets délicats et précieux. Avec un geste minutieux au possible.

«Si j’ai mon atelier dans cette ruelle, appelée le Passage bleu, ce n’est pas un hasard. J’aime ce sentiment de ne pas savoir où je serai dans dix ans. Je me considère de passage», assure Sophie Abraham. Elle garde ici les yeux de Chimène pour tous ces objets l’entourant et lui étant si familiers. Là des bracelets de montres, ici un œil de poupée, plus loin des cristaux en verre de lustres illuminant des dentelles, des colliers, parures, boucles d’oreilles, gants. Singulier itinéraire que celui de cette styliste, gérante du Comptoir des Caprices. La porte poussée découvre un lieu aux teintes vintage. L’agencement et la décoration, choisis avec un raffinement certain, semblent avoir figé le temps dans les années 50 ou 60. Tout est ici d’un grand calme. Presque solennel. Derrière un sourire discret, se dévoile une authentique passionnée : «Je suis issue d’une famille agricole du Saintois. Toute petite, j’ai été attirée par la couture en observant les gestes de ma grand-mère», se souvient Sophie Abraham. Après un bac maths et philo, un passage à l’école Pigier, son chemin dans la mode se dessine. «J’ai quitté ma province pour monter à Paris, bien décidée à saisir ma chance», poursuit-elle. Son cursus dans la capitale la mène à l’Atelier de Sèvres, à l’Institut d’arts appliqués, à l’École du Louvre. Ses premiers pas d’assistante styliste et maquettiste ont pour cadre des maisons de renom, Élisabeth de Senneville, JeanCharles de Castelbajac, Dior.

APPRENDRE AVEC LES AUTRES

De 1988 à 1994, Sophie Abraham prend des responsabilités chez Jean-Paul Gaultier. Mais, son caractère ne compose décidément pas avec un parcours linéaire : «J’avais envie de voir autre chose, de voyager. Je suis partie au Canada». À Montréal, elle est responsable de collections de vêtements, en profite pour parfaire ses connaissances en gestion et en informatique, passe par l’École des beaux-arts montréalaise. Sophie Abraham a lancé les bases de sa propre ligne de bijoux et accessoires. Son ambition est désormais d’ouvrir sa propre boutique. Elle franchit le pas à son retour en France. Avec un fil rouge, presque une obsession : «Je suis résolument attirée par le passé», dit-elle. Depuis 2004, une clientèle guidée par le bouche-à-oreille vient à la rencontre de cette styliste liant professionnalisme et émotion. Utilisant une technique très personnelle de travail au crochet de fil de coton et d’argent, elle conçoit des gammes, au gré de ses envies. «De mes rêves», ajoute-t-elle. Cela va du classique au plus inattendu en passant par des modèles exclusifs. En 2013, elle suit un stage de porcelaine avec la mosaïste et céramiste, Joëlle Courtois, et un autre de céramique, avec Florence Bresson, peintre céramiste. Au Comptoir des Caprices, on trouve également des peintures, objets d’art et cartes postales. Sophie Abraham entend continuer à se laisser guider par son étoile artistique : «je m’enrichis au contact du monde. J’ai une certitude : on apprend et on progresse avec les autres.»