Les puces de Baldo

C’est un lieu unique en son genre ! La Galerie a ouvert ses portes il y a peu rue des Quatre-Églises à Nancy, pas très loin de la place du Marché. Ici, point de jeunisme ni de chasse aux personnes âgées… Délaissés pendant des années dans les greniers et les caves, les objets anciens et les […]

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La Galerie regroupe brocanteurs et créateurs.

C’est un lieu unique en son genre ! La Galerie a ouvert ses portes il y a peu rue des Quatre-Églises à Nancy, pas très loin de la place du Marché. Ici, point de jeunisme ni de chasse aux personnes âgées… Délaissés pendant des années dans les greniers et les caves, les objets anciens et les meubles de famille reprennent enfin du service. Certains ont même croisé de jeunes designers qui en ont fait des créations uniques. Car n’oublions pas que : «c’est bien dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes !»

 Dans la rubrique rien ne se perd, tout se transforme, direction La Galerie à Nancy au 31 de la rue des Quatre-Églises. Il y a encore quelques mois, le local accueillait les bureaux d’une compagnie d’assurance. C’est aujourd’hui une brocante XXL, doublée d’ateliers d’artistes. De son passé, il ne reste plus rien. Les cloisons ont été démolies pour laisser à l’état brut les quelques cinq cents mètres carrés disponibles. Le reste est resté dans son jus. C’est Baldo, bien connu dans le milieu de la nuit nancéienne, qui s’est lancé dans ce pari fou. «J’ai cette idée en tête depuis  vingt-cinq ans. Je voulais créer un endroit capable de regrouper toutes les formes artistiques mais aussi des antiquités, de la brocante» explique-t-il.  Mais Baldo, comme tout le monde, a laissé passer le temps jusqu’au jour où, plus disponible, il a pu profiter d’une opportunité. Imaginez : plus de cinq cents mètres carrés, entièrement vides, accessibles et surtout situés en plein centre-ville de Nancy !

 Un «bordel» organisé

Baldo tient son projet ! Il peut maintenant réaliser son rêve. Une fois le bail signé, il part en quête de compagnons d’aventure. «Je savais bien que seul à gérer, c’était impossible. Et surtout, ce n’était pas mon objectif», précise-t-il. Pour trouver des locataires, il se sert de son réseau mais passe aussi tout simplement des petites annonces. Il compte surtout beaucoup sur le vendeur de vinyles pour assurer l’ambiance. Aujourd’hui, ils sont dix à se partager l’espace, à cohabiter dans cet univers où tout est permis ou presque… Que dire de ces couverts en argent transformés en lampe ou en mante religieuse ? Quid de cette Tour Eiffel en vitrine, construite pièce par pièce par un passionné, qui va jusqu’à changer de couleur en fonction de l’humeur de son propriétaire ?

Objets mis en scène comme à la maison

Tableaux, photos, lampes, fauteuils attendent sagement leur tour. Malgré leur grand âge, ils sont encore bons pour le service. D’autant plus que tout est fait pour les mettre en valeur. «Je ne voulais pas d’une brocante comme l’on trouve beaucoup désormais en périphérie» souligne Baldo. Il préfère lui un «bordel organisé». Chaque espace est en effet délimité. Les objets sont rangés, mis en scène. Ils sont intégrés aux créations d’artistes locaux. Mais Baldo ne compte pas s’arrêter là. Omniprésent, c’est lui le chef d’orchestre, lui qui assure aussi l’intérim et joue au marchand de temps en temps en l’absence des vendeurs. Il aimerait faire vivre ce lieu ouvert six jours sur sept en organisant par exemple des expositions éphémères. Un bouquiniste devrait également le rejoindre. D’où l’idée de profiter des vieux canapés pour faire un salon de thé. Les visiteurs auront alors le temps de se poser pour lire, choisir un disque ou tout simplement discuter de la pluie et du beau temps.