Michel Côme, directeur du Crédit Municipal de Nancy

Prêts à tout…

Michel Côme est à la tête du Crédit Municipal à Nancy depuis 2012. Cette véritable institution, souvent méconnue, dépanne les moins fortunés, ceux qui ont un besoin urgent de liquidité. Cependant, si la crise ne connaît pas la crise, «Ma Tante» se cherche un second souffle face à la concurrence des établissements financiers. Michel Côme, […]

Michel Côme est à la tête du Crédit Municipal à Nancy depuis 2012. Cette véritable institution, souvent méconnue, dépanne les moins fortunés, ceux qui ont un besoin urgent de liquidité. Cependant, si la crise ne connaît pas la crise, «Ma Tante» se cherche un second souffle face à la concurrence des établissements financiers. Michel Côme, conscient que le prêt sur gage doit évoluer, cherche de nouveaux clients.

En ce vendredi, jour de présence du commissaire-priseur au crédit Municipal de Nancy, la sonnette de la porte d’entrée ne cesse de retentir. Michel Côme jette un œil sur les écrans de contrôle avant de libérer les accès. Pour entrer ici, il faut montrer patte blanche, tout est sous surveillance. «Ce vendredi est en effet une grosse journée. Les clients profitent de la présence de Maître Teitgen pour venir faire expertiser leur bien», annonce le directeur des lieux. Un endroit qu’il a découvert en 2012 lorsqu’il a été nommé directeur après avoir été pendant plusieurs années directeur général adjoint à la mairie de Nancy. «J’ai pu heureusement bénéficier de l’aide d’une équipe déjà bien rodée» reconnaît Michel Côme. Au total, ce sont huit personnes qui gèrent au quotidien l’établissement public, l’un des plus vieux en France.

Un Lorrain attaché à la Lorraine

Michel Côme est arrivé dans la fonction publique «par hasard.» Ce Nancéien pure souche, né en juillet 1962, a effectué toute sa scolarité dans la cité ducale. Étudiant en sciences économiques à Nancy 2, il commence une thèse sur les friches industrielles en Lorraine. «À ce moment-là, je ne savais pas vraiment vers quelle profession me diriger» explique-t-il. Le destin va s’en mêler. Il a une première opportunité professionnelle au conseil régional de Lorraine à Metz en 1988 autour de la préparation du Plan Lorrain avant d’y revenir quelques années plus tard, notamment, au sein du Conseil économique et social. Lui qui n’avait pas vraiment de plan de carrière intègre la fonction publique tout en gardant un œil sur sa très chère place Stanislas. Michel Côme la retrouve en 2004 pour travailler à la mairie de Nancy. La suite, on la connaît. Entre-temps, il voyage, découvre les pays de l’Est à l’époque où le rideau de fer était encore infranchissable.

«Ma Tante» cherche un avenir

Aujourd’hui encore, ce grand amoureux de Nancy continue à voyager, tout en appréciant retrouver sa ville natale. «C’est important de pouvoir découvrir d’autres pays, d’autres cultures». Il le fait encore dès qu’il le peut avec femme et enfants. Il garde ainsi en mémoire les beaux paysages du Vietnam découverts en février dernier. Mais le quotidien reprend vite ses droits. Entre les réserves archi pleines où tableaux, bijoux et autres objets parfois incongrus, se partagent l’espace, et les clients, il a conscience que les Crédits Municipaux doivent évoluer. «Nous devons trouver une nouvelle clientèle» précise-t-il. «Des confrères ont déjà accepté de faire un prêt à des viticulteurs contre une partie de leur récolte. Alors pourquoi ne pas le faire ici» conclut Michel Côme.