Romain Morieux : L’art du savoir fer

Romain Morieux doit certainement son métier à sa passion pour la petite reine. À force de sillonner les routes de sa Marne natale sur son vélo, il décide d’en fabriquer un. D’un coup de chalumeau, il envoie balader ses études classiques et ses petits boulots pour la métallurgie. S’il n’est pas tombé dans la marmite […]

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Romain Morieux doit certainement son métier à sa passion pour la petite reine. À force de sillonner les routes de sa Marne natale sur son vélo, il décide d’en fabriquer un. D’un coup de chalumeau, il envoie balader ses études classiques et ses petits boulots pour la métallurgie. S’il n’est pas tombé dans la marmite lorsqu’il était petit, il découvre le «chaudron» et toute sa créativité. Entré comme apprenti au Pôle formation des industries technologiques de Maxéville, il n’en est jamais sorti. Aujourd’hui formateur, il transmet son savoir au rythme du métal.

 À 34 ans, Romain Morieux exerce l’un des plus vieux métiers du monde… N’y voyez rien de tendancieux ni d’illicite, il est tout simplement chaudronnier ! Une profession qu’il a découvert sur le tard après quelques années d’errance professionnelle. Né dans la Marne dans une famille où le travail est plus important que les études, Romain passe et réussit, sans grande passion, un baccalauréat en comptabilité et gestion. Visiblement à cette époque déjà, il y a un problème d’orientation. S’il ne porte pas la barbe bien taillée qu’il arbore aujourd’hui, il n’a pas vraiment le style à jongler avec les chiffres à moins que ce ne soit comme l’oiseau lyre de Prévert qui récite à sa façon les tables de multiplication.

De la fac aux petits boulots

Après son bac, Romain s’inscrit à la faculté d’histoire-géographie à Reims. Il y restera trois mois, le temps «d’avoir la confirmation qu’il n’est pas fait pour la fac» reconnaît-il. Il enchaîne alors les petits boulots «car il faut bien vivre». Ses parents lui ont vite fait comprendre qu’ils préféraient le voir au travail plutôt qu’user ses fonds de culotte sur les bancs de la fac. Pendant trois ans, il devient tour à tour peintre en bâtiment, ouvrier et surtout jardinier paysagiste. Dans le même temps, il continue à faire du vélo, beaucoup de vélo même. À tel point qu’il envisage d’en fabriquer un. «Je savais que j’avais des prédispositions au travail manuel mais c’est vraiment ce jour-là que j’ai décidé de reprendre des études» raconte Romain. Là il n’est plus question d’histoire ni de comptabilité, il choisit le métal.

Full metal jacket

Romain Morieux opte pour l’apprentissage, une formule qui lui convient car elle permet de passer de la théorie à la pratique. «Je voulais façonner la matière, donner corps à un rêve» souligne-t-il. Il arrive en Lorraine en 2005 pour intégrer le CFAI (aujourd’hui Pôle de formation des industries) et signe un premier contrat de professionnalisation. Sa formation le conduit à découvrir différentes entreprises, à Dieulouard mais aussi à Nancy avant de s’offrir un break avec sa compagne sur la Côte d’Azur pendant deux ans. Après un bref retour dans la région où Romain poursuit sa formation dans les métiers de la métallurgie, le couple repart une année au Canada avant de ressentir de nouveau une certaine nostalgie pour la Lorraine. Romain décide alors de réintégrer le Pôle formation de Maxéville. Mais plus comme apprenti, ou plutôt comme alternant, mais en tant que formateur cette fois-ci. Depuis il a intégré son nouveau terrain de jeu, une salle de classe XXL avec des outils dernière génération où la création n’a plus de limite.