Récolte fructueuse : La mirabelle a 10 jours d’avance !

Le fruit d’or de Lorraine est à maturité. D’un beau jaune, il jute légèrement, le noyau se détache avant de laisser dégorger cette saveur sucrée à peine acidifiée qui exulte les papilles. La récolte a commencé le 1er août avec une dizaine de jours d’avance.   70 saisonniers se fondent dans le feuillage resté bien […]

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Le fruit d’or de Lorraine est à maturité.

Le fruit d’or de Lorraine est à maturité. D’un beau jaune, il jute légèrement, le noyau se détache avant de laisser dégorger cette saveur sucrée à peine acidifiée qui exulte les papilles. La récolte a commencé le 1er août avec une dizaine de jours d’avance.

 

70 saisonniers se fondent dans le feuillage resté bien vert. Ce sont pour la plupart des étudiants, dont la moitié étaient déjà venus. Ils se répartissent en deux chantiers, la cueillette à mains nues pour les fruits à déguster, délicatement décrochés de l’arbre et posés dans le seau et la cueillette automatisée pour les fruits qui seront transformés en moins de 24 heures. Les Vergers des Gaudines regroupent huit associés adhérents de la coopérative Végafruits de Saint-Nicolas-de-Port (54), qui produit des fruits surgelés, des sirops, des confitures et des compotes 100 % mirabelles pour les bébés. Ces petits pots représentent 15 % des produits transformés et la demande est en progression constante. Depuis 2015, la coopérative fabrique aussi de l’huile pour les cosmétiques à partir des noyaux.

520 tonnes pour les Vergers des Gaudines

 «Cette année, la récolte sera bonne en quantité et qualité», commente Bertrand Perrin, des Vergers des Gaudines à Gugney-aux-Aulx. «On prévoit 520 tonnes contre 420 tonnes en 2017. Tous les vergers sont au maximum de leur potentiel. On ne souhaite pas qu’ils produisent plus, car le mirabellier équilibre sa production. S’il donne trop une année, il ne donnera presque rien l’année suivante. Ce que nous voulons, nous, c’est une production constante et on intervient pour y parvenir par la taille ou en triant les fleurs.» Avec du beau temps lors de la floraison, de la pluie pour faire grossir les fruits et du soleil pour les porter à maturité, le fruit d’or de Lorraine s’est gorgé de sève et livre une pulpe suave. Les travailleurs doivent cueillir au minimum 32 kg à l’heure, mais en ce moment, ils tournent plutôt à 45-50 kg/heure. Il faudra environ 12 000 heures de cueillette pour la récolte qui va durer jusque fin août. Elle aura nécessité d’effectuer 2 500 heures de taille en hiver, pour que les branches ne touchent pas le sol sous le poids des fruits. Cette année, la mirabelle se vend entre 4 et 6 euros le kg. Ce petit fruit succulent gagne en popularité. «Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce sont les jeunes qui l’apprécient le plus, parce qu’il est facile à emporter et à manger.» La coopérative fait d’ailleurs des packagings petits volumes pour emporter, mais malgré tout, 80 % de la production de Lorraine (8 000 tonnes) s’exportera quand même vers la région parisienne.

70 nouveaux hectares grâce à «Dar Dar»

En Lorraine, un projet nommé  «Dar Dar»  réunit depuis février 2013, 200 producteurs de mirabelles pour 70 exploitations, dont une douzaine dans les Vosges. Il avait l’ambition de développer les vergers. Ce projet a été repris en 2016 et porté à l’échelle Grand Est. L’objectif était de planter 40 nouveaux hectares/an sur 5 ans, d’introduire des arbres greffés de la mirabelle de Nancy pour permettre d’étaler plus la production avec des fruits précoces et d’autres tardifs, et d’inciter de nouveaux exploitants à se lancer. Dar Dar se termine en 2019 et aujourd’hui, on en est à 70 nouveaux hectares plantés mais pour les producteurs impliqués, c’est déjà une réussite. Deux nouveaux exploitants se sont installés et deux variétés de cerises noires et pêches de vigne ont été relancées pour compléter la gamme des compotes. «On manque de producteurs de fruits pour développer les circuits courts, mais la difficulté est que le mirabellier ne produit ses premiers fruits qu’au bout de 7 ans  et qu’il en faut 5 pour les quetsches. Il faut pouvoir tenir tout ce temps-là sans revenus ! Ça ne peut venir qu’en diversification», justifie Bertrand Perrin, qui estime qu’il serait possible d’aller plus loin, car la demande en mirabelles est là, mais il faudrait prolonger les aides.