Le département des Vosges affirme son soutien au bio

Même s’il n’a plus la main sur l’économie, le département des Vosges a souhaité soutenir les producteurs bio et leur donner, en accord avec la région, un coup de pouce pour financer la certification. Il a débloqué 35 000 euros.  Les Vosges financeront donc 30  % de la certification pour les exploitations bio déjà converties. Les […]

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Au début du mois, les élus du Conseil départemental des Vosges se sont rendus dans des exploitations bio pour (ré)affirmer leur soutien à la filière.

Même s’il n’a plus la main sur l’économie, le département des Vosges a souhaité soutenir les producteurs bio et leur donner, en accord avec la région, un coup de pouce pour financer la certification. Il a débloqué 35 000 euros.

 Les Vosges financeront donc 30  % de la certification pour les exploitations bio déjà converties. Les aides votées au début du mois ont déjà été versées. Ce qui, tout en affirmant haut et fort l’engagement du département pour le bio, rend aux agriculteurs un peu de trésorerie. La certification coûte entre 300 et 1000 euros selon les exploitations, mais c’est un soutien important pour les petites productions. «Ce n’est pas facile d’aider les agriculteurs pour du fonctionnement», poursuit Benoît Jourdain, vice-président du département chargé de l’économie, «dans la mesure où l’État nous pénalise si nos dépenses de fonctionnement augmentent. Ce dispositif d’aide à la certification nous permet d’apporter un soutien à tous les exploitants bio, en marquant notre engagement.»

Une commercialisation qui change

 La présentation du dispositif d’aide était faite début novembre à l’Earl du Liet à Ville-sur-Illon. L’exploitation de Ghislain Durieux est passée au bio il y a 17 ans. «Au début, c’était une niche avec une forte valeur ajoutée. Il y a 15 ans, il y avait 80 exploitations bio pour les Vosges, essentiellement en lait et viande. Aujourd’hui, il y en a 251 dans tous les domaines. Le fait que la demande soit supérieure à l’offre, masque la transformation progressive de la commercialisation. Mais avec un nombre d’exploitations bio qui a triplé, on passe de la niche à une commercialisation de masse et la donne risque de changer. On craint de retomber dans les problématiques connues par les producteurs non bio», alerte l’exploitant. Pour lui, la vente se fait pour 1/3 en circuits courts, 1/3 en grande distribution et 1/3 à un négociant local. À Ville-sur-Illon, deux exploitations sur six sont en bio et une a un système économe en produits phytosanitaires.

Pas d’autonomie herbagère en 2018

Cette aide vient s’ajouter aux autres bonus du bio et va aider à gérer le déficit fourrager de  2018. «C’est une année compliquée pour l’agriculture, mais particulièrement en bio, car un des critères de l’appellation est l’autonomie herbagère», rappelle Jérôme Mathieu, président de la Chambre d’agriculture. «Or depuis juillet, les exploitants sont obligés d’acheter leur fourrage suite à la sécheresse. L’aide des collectivités est très importante, d’autant plus que le désengagement de l’État se confirme depuis plusieurs années.» 196 exploitants ont demandé l’aide à la certification, soit 80 % des producteurs bio du département.

50 exploitations de plus en bio chaque année

 «Les Vosges ont été un des premiers départements à avoir un technicien pour accompagner les exploitations qui se convertissaient au bio. Ce qui était un système marginal se généralise et on observe un vrai mouvement vers la production bio», complète Jérôme Mathieu. «Il reste à structurer le reste de la filière au niveau de la transformation et de la commercialisation.» Depuis 3 ans, chaque année, 50 exploitations de plus passent au bio. «Le bio représente 20 000 hectares sur les Vosges, avec une bonne répartition géographique et tout type de production, même si au début, les exploitations étaient plutôt situées en montagne». Cette aide est appréciée du Groupement d’agriculteurs bio des Vosges (GAB) représenté par son président Éric Boon, qui la considère comme une première étape de l’aide départementale.