Laurent Pasquier, président d’Arketeam

L’ADN entrepreneurial

Pilote de la société Arketeam, installée depuis 2008 sur le Technopôle Henri Poincaré à Vandœuvre-lès-Nancy et spécialisée dans le conseil et le service version système d’information, Laurent Pasquier affiche un ADN entrepreneurial depuis son adolescence. L’approche, elle, se veut transparente à grands coups de parler-vrai et d’une volonté de construire un esprit d’équipe fédérateur et […]

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Pilote de la société Arketeam, installée depuis 2008 sur le Technopôle Henri Poincaré à Vandœuvre-lès-Nancy et spécialisée dans le conseil et le service version système d’information, Laurent Pasquier affiche un ADN entrepreneurial depuis son adolescence. L’approche, elle, se veut transparente à grands coups de parler-vrai et d’une volonté de construire un esprit d’équipe fédérateur et performant.

 

Deux ballons de rugby aux couleurs du COS Villers trônent sur le rebord de la fenêtre derrière le bureau, normal le patron des lieux en est le président depuis avril 2015. Les effigies de l’ovalie cohabitent avec plusieurs photos encadrées de compétition de golf et lorsque Laurent Pasquier, le président d’Arketeam se met devant son tableau, genre storyboard à l’ancienne aux feutres olfactifs pour expliquer son métier, on a l’impression de se retrouver dans un vestiaire à la mi-temps d’une rencontre décisive pour le maintien d’un club dans sa division. L’homme est dans l’explication facile, abordable, compréhensible, du pratico-pratique et loin des discours soporifiques et incompréhensibles où jargon technique et marketing noient l’interlocuteur. «Il faut être vrai, c’est tout ce qui importe. Cela paye toujours sur le long terme. Faire des choses sérieuses mais s’en se prendre au sérieux.» Le ton est donné, l’homme est avenant, sympathique pas du genre à vous prendre de haut. Les résultats de son entreprise, société de conseils et de services spécialisés dans les systèmes d’information avec une forte orientation usage et métier, pourraient faire croire le contraire. Le CA affiche les 6,2 millions d’euros pour l’année passée et une prévision de 7,2 millions cette année pour près de soixante-dix collaborateurs répartis sur quatre sites (Nancy, plus précisément à Vandœuvre sur le Technopôle Henri Poincaré, Nantes, Paris et Lille) et une progression envisagée dans les trois ans à venir de 15 % chaque année.

 

Croissance maîtrisée

 

D’autre sites pourraient voir le jour dans les parties hexagonales non encore couvertes, au même titre qu’une nouvelle croissance externe envisagée (la société lorraine a déjà mis la main sur Scrypto Systems en 2017, une plateforme de collecte d’informations légales et financières basée dans les Hauts-de-France permettant à Arketeam de pénétrer le marché bancaire et financier) sans parler d’une croissance à l’international au Luxembourg mais également au Maroc et au Sénégal. «Nous souhaitons faire une croissance maîtrisée, pas la course au CA. Ce que nous faisons, c’est de l’informatique pratico-pratique, genre boîtes à outils optimaux où chacun trouve solutions à son ou ses besoins. Nous sommes là pour aider les entreprises et permettre ainsi à l’économie française à performer.» Performer comme dans une équipe sportive. Le parallèle entre le monde de l’entreprise et celui du sport est constamment présent avec Laurent Pasquier. Il apparaît gérer son entreprise (créée en 2008, en pleine période de crise, avec son associé Gilles Collin) comme son club de rugby. «Tout n’est que question d’humain et de liant aussi bien dans l’entreprise que dans un club de sport. Sur un terrain de rugby, tu ne mens pas. En entreprise, c’est pareil !» L’ancien directeur régional Champagne-Lorraine du groupe informatique Ares et gérant de son antenne au Luxembourg a souhaité à l’époque transformer son propre essai entrepreneurial. «Quand le fondateur du groupe Ares est parti, je n’étais pas en phase avec les repreneurs. Nous avons alors décidé avec Gilles Collin de nous lancer.» Un lancement en pleine période de crise, «paradoxalement, cela peut être plus facile de créer pendant cette période car tout était à construire.» Des prises de risques calculées, un concept fin ficelé et développé pendant plusieurs années et une bonne dose d’audace après, Laurent Pasquier semble bien avoir transformé son essai. «Depuis que j’ai quinze ans, je savais ce que je souhaitais, c’est d’être chef d’entreprise.» Chose faite et brillamment !